L’antibiothérapie en préhospitalier pourrait-elle réduire le risque de décès lié au sepsis ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Selon une étude multicentrique rétrospective française ayant rassemblé 308 patients adultes souffrant de sepsis, l’administration d’une antibiothérapie lors de la prise en charge pré-hospitalière est associée à un moindre risque de décès à 30 jours.

 

Les recommandations internationales Surviving Sepsis Guidelines suggèrent qu’une antibiothérapie soit proposée dès la première heure de prise en charge des patients souffrant de sepsis, malgré des données contradictoires issues de la littérature et notamment un essai clinique randomisé négatif, souffrant toutefois de nombreuses limites méthodologiques. Huit équipes mobiles SAMU françaises ont colligé leurs données entre avril 2017 et mars 2020, afin d’évaluer le pronostic de patients présentant un sepsis sévère ou un choc septique.

Un risque presque réduit de moitié

Ainsi, ils ont pu analyser les données de 308 patients (âge moyen 70 ans, 67% d’hommes) ayant requis la prise en charge pré-hospitalière par leurs équipes. L’origine de l’épisode était principalement pulmonaire (44%), digestive (21%) et urinaire (19%).

Au total, le taux de décès était de 29% à 30 jours. La durée de la prise en charge pré-hospitalière, l’importance de l’expansion volémique, ou le recours et la posologie de la noradrénaline ne sont pas apparus comme associés au risque de décès.

Parmi les 308 patients, 32% ont reçu une antibiothérapie en phase pré-hospitalière, principalement par céphalosporines de 3 e génération (75%), ou par céfotaxime (64%). Si l’analyse bivariée a montré que plusieurs paramètres étaient statistiquement associés au risque de décès à 30 jours (taux de lactate, score de Glasgow ou SOFA, âge, insuffisance rénale…), la régression de Cox confirme que le risque est statistiquement inférieur en cas de traitement pré-hospitalier par antibiotiques (HR : 0,56 [0,35-0,90], p=0,01).

Malgré les limitations relatives à ce travail (étude rétrospective menée chez les adultes, facteurs de confusion potentiels non identifiés…), cette étude suggère un bénéfice significatif de l’antibiothérapie précoce dans le sepsis sévère des adultes dès la prise en charge pré-hospitalière. Hormis le taux de lactate, des méthodes de stratification des patients selon la sévérité du sepsis durant cette période permettrait d’améliorer l’identification des patients éligibles.