L’antibiothérapie des bactériémies à Pseudomonas aeruginosa peut être raccourcie

  • Fabre V & al.
  • Clin Infect Dis
  • 18 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude observationnelle multicentrique, le risque de récidive ou de décès dans les 30 jours suivant la fin de l’antibiothérapie pour bactériémie à Pseudomonas aeruginosa est identique que le traitement ait été de durée courte (7-11 jours) ou prolongée (>11 ans). Ce résultat, issu d’une étude observationnelle parue dans le journal Clinical Infectious Diseases , permet de suggérer que les durées de l’antibiothérapie et de l’hospitalisation peuvent être réduites même dans des situations cliniques complexes comme celles de cette cohorte. Pour autant, les résultats de cette étude doivent être confirmés par une étude interventionnelle.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les études cherchant à réduire la durée de l’exposition aux antibiotiques se multiplient ces dernières années et permettent de confirmer qu’il est possible d’envisager une telle démarche dans de nombreuses situations cliniques. Récemment, une étude randomisée contrôlée a montré qu’il était possible de réduire la durée du traitement de 14 à 7 jours dans la prise en charge de bactériémies à germes gram négatif, mais le P. aeruginosa n’y était représenté que chez un très faible nombre de sujets.. Étant donné que cette bactérie est souvent retrouvée chez des patients complexes, il était nécessaire d’évaluer si la même approche pouvait être transposée à ces seuls cas d’infections.

Méthodologie

L’étude observationnelle a été menée auprès de patients de 18 ans ou plus et présentant une bactériémie à P. aeruginosa confirmée et admis dans l’un des 5 hôpitaux participants, entre juillet 2016 et octobre 2018. Les patients ont été classifiés selon la durée de leur antibiothérapie – courte, 7-11 jours (ATBC),ou longue, plus de 11 jours (ATBL) : les données de morbimortalité ont été recueillies dans les 30 jours suivant le dernier jour de traitement.

Principaux résultats

  • Au total, 249 patients ont été inclus dans l’étude, dont 65% présentaient une immunodépression sévère (Sida, transplantés…). Parmi eux, 69 (28%) avaient reçu une antibiothérapie courte (durée médiane 9 jours versus 16 jours pour le reste de la cohorte).

  • Les antibiotiques reçus étaient principalement la pipéracilline-tazobactam (31%), le céfépime (29%) et la ciprofloxacine (24%). Pour 37% et 35% des groupes ATBC et ATBL un switch vers une fluoroquinolone orale a pu être décidée après une durée médiane de 5 et 6 jours respectivement.

  • Après 30 jours, 14% et 13% des groupes ATBC et ATBL ont répondu au critère composite principal d’évaluation -infection récidivante ou décès- soit un OR de 1,06 ([0,42-2,68], p=0,91). Plus précisément, ces deux évènements concernaient respectivement 11% et 4% du groupe ATBL contre 7% chacun dans le groupe des patients ATBC (p>0,05 dans les deux cas).

  • La durée moyenne d’hospitalisation était réduite de 4 jours dans le groupe ATBC par rapport au second groupe ([1,25-6,83], p=0,005).

Financement

Cette étude a été financée par la FDA.