L’ANRS dresse le bilan de l’épidémie VIH sur la période 2013 - 2018


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Si l’épidémie de VIH a commencé à reculer à partir de 2018, les tendances sont disparates selon les régions et les populations. Les signaux les plus encourageants concernent l’Île-de-France, grâce à une politique volontariste, et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) nés en France. Les chiffres relatifs aux personnes hétérosexuelles nées en Afrique subsaharienne et notamment les femmes sont plus préoccupants.

 

La déclaration obligatoire des nouveaux diagnostics d’infection VIH en France permet d’établir de façon assez précise les tendances relatives aux infections en France selon les caractéristiques des régions et des populations. Dans un rapport paru début juillet, l’ANRS analyse les évolutions observées sur la période 2013-2018 en France.

Des tendances divergentes selon les populations et les territoires

En 2018, après quelques années de fluctuations, le nombre de nouveaux diagnostics a baissé de 7 % par rapport à 2017, passant de 6583 à 6155. La plupart des cas (40,2%) concernent l'Île-de-France. Par ailleurs, au plan national, 41,7% des nouveaux diagnostics concernent des HSH et 38,7% des personnes nées en Afrique subsaharienne. Parallèlement, on estime la population non diagnostiquée à 24.069 personnes, dont une majorité (n=12.698) pourrait concerner des sujets nés à l’étranger.

Sur cette période, parmi les sujets nés en France, on observe une baisse de l’incidence chez les HSH, chez les hommes hétérosexuels et une stabilité chez les femmes. Au niveau national, la part des HSH était de 41,2% en 2013 et de 41,7% en 2018, avec un nombre de diagnostics en baisse en 2018 (-7% vs 2013). Cette tendance était plus marquée en Île-de-France (-8%) grâce à une tendance forte à Paris (-26%), à l'inverse des autres départements franciliens où les chiffres sont en augmentation. Par ailleurs, alors que l'incidence nationale est en baisse depuis 2012 pour les HSH nés en France, elle tend à augmenter pour ceux nés à l'étranger.

Concernant les personnes nées à l’étranger, le sex ratio parmi les nouveaux diagnostics est de 2 femmes pour 1 homme. Les chiffres sont stables chez les femmes nées en Afrique subsaharienne (entre 1.200 et 1.300 par an), alors qu’ils ont baissé de 11% sur la même période chez les hommes.

Activité de dépistage et prévention

Sur le plan de l’activité de dépistage, le nombre total de sérologies a augmenté de 11% sur la période et a atteint 5,8 millions en 2018. Les sérologies faites en CeGIDD ont été stables depuis leur création (entre 321 et 333.000 tests par ans), ainsi que le nombre d’autotests vendus en pharmacie sur la même période (74.000 en 2018). On comptait également environ 50.000 tests rapides réalisés en CeGIDD 2018, ainsi que 60.000 en dépistage hors les murs.

En matière de prévention, le rapport évoque une protection par préservatifs en population générale probablement stable, avec une diminution de son usage chez les HSH ayant des partenaires occasionnels, contrebalancée par le recours en hausse de la PrEP. Après Paris, l’augmentation du recours à la PrEP est constatée en régions dès la mi-2018, ce qui devrait se traduire par une baisse des chiffres dans les prochaines années et, devrait être complété par une promotion de la PrEP au sein de la population hétérosexuelle à risque.

Aussi, si les auteurs soulignent les progrès encore lents de ces dernières années, ils estiment qu’une « action volontariste et puissante » permettrait d’atteindre l’objectif fixé de l’arrêt de la transmission du VIH d’ici 2030.