L’anneau magnétique fait mieux que les IPP dans le traitement du RGO selon une étude contrôlée

  • Bell RC & al.
  • Gastrointest Endosc
  • 18 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les patients atteints de RGO persistant de sévérité modérée à sévère malgré un traitement IPP une fois par jour peuvent être mieux soulagés par la pose d’un sphincter magnétique que par une posologie croissante d’IPP. En effet, 89% des patients implantés présentent un soulagement de la régurgitation contre 10% dans le second groupe et 92% des premiers n’étaient plus sous IPP à 6 mois. Aucun problème de sécurité significatif n'a été observé, la plupart des évènements rapportés étant une dysphagie transitoire.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les IPP n’offrent pas toujours un soulagement suffisant, même après augmentation des posologies, et posent des questions de sécurité au long cours. Des alternatives chirurgicales existent : la fundoplicature de Nissen, nécessite l’invagination d’une partie de l’œsophage et limite la capacité à vomir. La fundoplicature transorale (EsophyX) ne nécessite pas d’incision mais les études qui y ont été consacrées ont montré des variations significatives de l’intensité et de la durée du soulagement des symptômes. LINX est un anneau constitué de billes de titane comportant un cœur magnétique. Placé autour de l'œsophage par laparoscopie, l’anneau magnétique vise à renforcer la fonction du sphincter et à limiter la fréquence des reflux acides. Plusieurs études non contrôlées ont décrit l’efficacité et la sécurité de cet anneau sur les symptômes liés au RGO même au long cours. Cette publication concerne la première étude clinique randomisée contrôlée menée en comparaison au traitement médical.

Méthodologie

  • L’étude contrôlée multicentrique a été menée auprès de 152 patients de plus de 21 ans présentant un RGO modéré à sévère malgré une prise d’IPP quotidienne depuis au moins 8 semaines. Les patients devaient ne pas présenter d’IMC supérieur à 35 kg/m², ni d’hernie hiatale et devaient avoir un pH anormal et une motilité œsophagienne normale.

  • Les patients ont été randomisés (2:1) entre la prise de 20 mg d’oméprazole 30 minutes avant le repas matin et soir et la pose de l’anneau magnétique par laparoscopie.

Principaux résultats

  • Les patients recrutés étaient des hommes pour 58% d’entre eux, présentaient un âge médian de 46 ans et suivaient un traitement par IPP depuis 8,4 ans en moyenne.

  • À six mois, 89% des patients implantés ne présentaient plus de RGO contre 10% de ceux sous IPP (p

  • À 6 mois, la qualité de vie spécifique (score GERD-HRQL) et la fréquence et sévérité des symptômes (score de régurgitation RDQ) étaient améliorés dans le groupe implanté par rapport à l’inclusion. En revanche, le score moyen de qualité de vie n’a pas évolué au cours des 6 mois dans le groupe IPP. Globalement, 81% des patients implantés ont obtenu une diminution du score GERD-HRQL initial ≥50%, contre 8% dans le groupe IPP.

  • À 6 mois, 91% des sujets implantés n’utilisaient plus les IPP.

  • La régurgitation était qualifiée de modérée à sévère par tous les participants à l’inclusion. À 6 mois, 79% des sujets implantés ne signalaient plus de régurgitation (10,6% une légère régurgitation) alors qu’ils étaient respectivement 3% et 7% dans le groupe IPP.

  • Parallèlement, 91% et 89% des patients implantés présentaient un nombre d’épisodes de reflux et un pH œsophagien normal à 6 mois contre 58% et 75% dans le second groupe, respectivement.

  • En termes de tolérance, 32% des sujets implantés présentaient une dysphagie. Elle était majoritairement transitoire (minime ou résolu à 6 mois) pour 13 patients et était toujours présente chez 2 d’entre eux (4%). Aucun appareil n'a dû être explanté.

Principales limitations

  • Certains critères d’évaluation étaient subjectifs, même si les questionnaires utilisés étaient validés par ailleurs et étaient renforcés par les résultats objectifs de mesure du pH.

  • La posologie des IPP aurait pu être plus élevée, mais les données bibliographiques soutenaient le recours à une posologie de 20 mg deux fois par jour.

Financement

L'étude a été sponsorisée par Torax Medical, Inc.