L’ancienneté de l’infection VIH n’influence pas le risque de multimorbidité durant le vieillissement


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Le risque de multimorbidité (≥3 pathologies) des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) vieillissantes ne semble pas associé à l’ancienneté de l’infection. Cependant, l’existence d’un nadir du taux de CD4 ou un faible taux CD4/CD8 apparaissent comme jouant un rôle significatif.

 

Le vieillissement de la population générale est associé à un risque de pathologies chroniques multiples. L’infection per se , les effets secondaires des traitements antirétroviraux et l’incidence accrue de certains facteurs hygiénodiététiques (tabagisme, cannabis…) au sein de la population VIH constituent un risque supplémentaire de développer des comorbidités. Pour mieux en évaluer l’incidence et les facteurs de risque associés, une analyse menée à partir du suivi de la cohorte Dat’AIDS a été menée. Elle a analysé les données de 2.476 patients de plus de 70 ans et a évalué l’incidence des principales comorbidités (hypertension artérielle, diabète, ostéoporose, cancer non lié au sida, insuffisance rénale chronique, maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires, obésité, cachexie, hypercholestérolémie), ainsi que les facteurs de risque associés.

L'immunité, plutôt que l'infection

L’ancienneté médiane d’infection par le VIH était 20,2 ans et l’âge moyen était de 73 ans (75% d’hommes, 51% d’hétérosexuels, 36% d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Plus de 94% étaient sous traitement antirétroviral (ancienneté médiane 17,9 ans) et 94% présentaient une charge virale indétectable.

L’analyse multivariée de ces données a montré que les facteurs associés au risque de multimorbidité étaient l’âge, la période calendaire du diagnostic VIH, un rapport CD4/CD8 3 . Cependant, l’analyse multivariée ne mettait pas en évidence l’influence de l’ancienneté de l’infection. Seuls les paramètres précédents (taux CD4, rapport CD4/CD8) ainsi que la coinfection par le VHC étaient significatifs sur le risque de multimorbidité, représenté par le score VACS ( Veterans Ageing Cohort Study ).

Pour expliquer cette observation, les auteurs évoquent la possibilité d’un biais de survie chez les personnes recrutées, celles qui étaient les plus malades ayant déjà pu être décédées. Cette hypothèse ne remet pas en question le constat du fait que la population gériatrique VIH n’a pas plus de risque de présenter des pathologies chroniques que les autres.