L’allogreffe de cellules souches cardiaques réalisable


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Après un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI) revascularisé avec succès, l’allogreffe expérimentale de cellules souches cardiaques AlloCSC-01 injectées par voie intracoronaire dans les 5 à 7 jours suivant l’évènement aigu est une option réalisable et sûre, sans incidence cardiaque ou immunologique.

L’étude n’a pas permis de mettre en évidence une différence d’efficacité de ce traitement par rapport au placebo, sans doute en partie liée au le manque de puissance de l’étude qui était initialement établie pour évaluer la sécurité de l’approche. Des études plus importantes doivent maintenant être menées.

Pourquoi est-ce important ?

L’allogreffe de cellules souches semble une idée séduisante pour réduire la fréquence du remodelage du ventricule gauche et de l’insuffisance cardiaque post-STEMI : elle permettrait notamment de limiter le risque de mort cellulaire, de favoriser l’angiogenèse et le développement des cellules souches cardiaques endogènes. L’étude CAREMI visait à évaluer la sécurité et la faisabilité de la procédure. L’efficacité faisait partie des critères d’évaluations secondaires.

Principaux résultats

  • Les patients adultes de 18 à 80 ans souffrant de STEMI, ayant été revascularisés avec succès par intervention coronaire percutanée (ICP) et ayant un risque moyen à élevé de développer une insuffisance cardiaque ont été recrutés (FEVG≤45%, masse de l’infarctus ≥25% du ventricule gauche à 3-5 jours post-STEMI) dans 8 centres académiques participants.

  • Une précédente étude d’escalade de dose a été conduite en allouant les patients à différentes concentrations de cellules (10.10 6 , 20.10 6 et 35.10 6 cellules), avec un suivi de 7 jours entre chaque groupe avant l’injection des doses supérieures. Sur ces données, un essai clinique randomisé (2:1) a été mené, regroupant 49 patients  entre l’injection des cellules souches (35.10 6 cellules) ou un placebo.

  • La cohorte était globalement constituée d’hommes (92%), d’âge moyen 55 ans.

  • En terme de sécurité, aucun décès ni aucun événement cardiaque indésirable majeur (MACE : décès toutes causes confondues, second infarctus du myocarde, hospitalisation due à une insuffisance cardiaque, tachycardie ventriculaire soutenue, fibrillation ventriculaire, AVC) n’a été observé ni 30 jours après l’injection, ni à 12 mois.

  • Un évènement indésirable grave a été identifié dans chaque groupe comme pouvant être lié au traitement (manifestation allergique et rash cutané).

  • L’efficacité faisait partie des critères secondaires d’évaluation : l’étude n’a pas permis de décrire une meilleure réduction de la taille de l’infarctus dans le groupe expérimental (-15,6% à 1 an par rapport à l’inclusion, versus -13,3% dans le groupe placebo), soit une différence d’efficacité non significative (-2,3%) sur l’ensemble de la cohorte recrutée. Les paramètres cardiaques (FEVG, volume télédiastolique ou télésystolique ventriculaire gauche) n’ont pas non plus permis de mettre en évidence une meilleure évolution à 12 mois des patients traités par allogreffe par rapport à ceux sous placebo.

Financement

Etude financée par Tigenix SAU et par l’Union Européenne.