L’alcool, barrière majeure pour l’accès au traitement anti-VHC des usagers de drogues

  • Barre T & al.
  • Addiction
  • 8 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude française FANTASIO est consacrée à l’identification des Facteurs associés à l’Accès aux Nouveaux Traitements Antiviraux chez les Sujets Infectés par l’hépatite C recevant un médicament de substitution aux Opioïdes . Elle a été menée sur la période 2012 à 2016, ce qui a permis de comparer si l’accès au traitement contre le virus de l’hépatite C (VHC) était amélioré depuis l’arrivée en 2014 des nouveaux antiviraux d’action directe (AAD). Elle montre que si depuis cette date, la proportion des usagers de drogues traités pour une hépatite C chronique a augmenté, elle reste toutefois moins élevée parmi ceux présentant des troubles liés à l’alcool, lorsque ceux-ci n’étaient pas pris en charge. Le fort potentiel curatif de cette nouvelle famille de traitement suggère donc une perte de chance pour une partie de la population des usagers de drogues recevant un traitement de substitution aux opioïdes (TSO).

Une étude menée à partir des données SNIIRAM

Les données du Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (PMSI) et les Données de Consommation Inter Régimes (DCIR) constituées des données anonymisées du Système National d'Information Inter-Régimes de l'Assurance Maladie (SNIIRAM) ont servi de base à l’analyse : ont été identifiés les patients ayant bénéficié d’au moins une prescription de TSO entre 2012 et 2016 et présentant une hépatite C chronique. La période 2012-2013 symbolisait l’ère du traitement par interferon pégylé, celle de 2014-2015 le début de l’ère des AAD. La recherche des facteurs individuels, sociodémographiques et médicaux relatifs à chacun a permis de distinguer les patients présentant des troubles liés à l’alcool et, parmi eux, ceux pour lesquels ces troubles étaient pris en charge.

La perte de chance concernerait environ 15% des patients

Sur la période 2012-2013, l’analyse multivariée des données de 19.700 patients montre que la probabilité de recevoir un traitement par peg-IFN de l’hépatite C en cas de troubles liés à l’alcool (TLA) était inférieur de 30% lorsque ces derniers n’étaient  pas traités par rapport à ceux qui ne présentaient pas de TLA (HR : 0,70 [0,62-0,80], p

Sur la période 2014-2016, l’analyse multivariée des données de 22.545 patients montre que l’accès au traitement par AAD est inférieur chez les sujets avec des TLA non traités par rapport à ceux sans TLA (0,86 [0,78-0,94], p