L’albuminurie a-t-elle vraiment un intérêt dans le suivi de la progression de la maladie rénale ?

  • Heerspink HJL & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 8 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Cette méta-analyse de large envergure confirme le rôle précoce joué par l’albuminurie en tant que critère de substitution de la progression de l’insuffisance rénale chronique (IRC), en particulier dans les essais dont les critères d’inclusion limitaient la participation aux patients ayant une albuminurie basale élevée. L’utilisation des variations de l’albuminurie comme critère de substitution présenterait cependant des limites, en particulier celle de ne pas permettre la déduction du bénéfice clinique des interventions entraînant des diminutions modérées de l’albuminurie (c.-à-d.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’évaluation de l’efficacité et de la tolérance des traitements de l’IRC est souvent basée sur un critère composite constitué d’un traitement de suppléance rénale et d’un DFGé 2 ou d’un doublement de la créatinine sérique. Or, ces critères sont des évènements tardifs de l’atteinte rénale. Conséquence : pour avoir un nombre suffisant d’événements à analyser, de nombreux essais cliniques se focalisent sur les patients ayant une maladie rénale très avancée ou un déclin rapide du DFGé. En revanche, une intervention thérapeutique plus précoce pourrait présenter un certain nombre de bénéfices. C’est pourquoi il était utile de mieux quantifier les variations d’albuminurie comme critère substitutif d’évaluation de l’évolution de la fonction rénale. 

Méthodologie

Une revue de la littérature a été réalisée jusqu’à décembre 2016 afin d’identifier les études ayant mesuré l’albuminurie ou la protéinurie durant 12 mois de suivi et qui ont notifiées la présence d’une IRC terminale. Seules les études pour lesquelles les données individuelles étaient accessibles ont été incluses. Pour toutes ces études, l’effet des traitements a été évalué par une variation de l’albuminurie sur 6 mois et un critère clinique d’évaluation composite a été utilisé (traitement de supléance de la fonction rénale et débit de filtration glomérulaire estimé (DFGé) 2 ou doublement de la créatinine sérique). 

Principaux résultats

Au total 41 études ont été retenues pour les analyses soient 29.979 participants (71% de diabétiques). Sur le suivi médian de 3,4 ans, 13% des participants ont atteints le critère clinique composite d’évaluation. Dans toutes les études, chaque diminution de 30% de l’albuminurie moyenne sous traitement était associée à une diminution de 27% du risque de survenue d’un DFGé 2 ou à un doublement de la créatinine sérique (critère composite principal d’évaluation). L’association était d’autant plus forte pour les sujets qui, à l’inclusion, avaient des taux d’albuminurie supérieurs à 30 mg/g (3,4 mg/mmol). 

Ainsi, ces données indiquent que toute diminution de 30% de l’albuminurie moyenne sous traitement par rapport au contrôle diminue le risque de critère principal de 32%.

Principales limitations

Bien que la majorité des essais cliniques randomisés aient pu être inclus, les données individuelles de certains n’ont pas pu être obtenues.

Financement

Étude financée par l’US National Kidney Foundation (NKF) en collaboration avec la US Food and Drug Administration (FDA) and European Medicines Agency (EMA).