L'âge apparent, un outil fiable pour évaluer l'état de santé des seniors ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En principe, les médecins généralistes disposent d’une batterie d’examens cliniques et paracliniques pour évaluer l’état de santé de leur patientèle âgée (plus de 65 ans). En pratique, n’ayant pas toujours le temps de les mettre tous en œuvre, ils se basent sur leur connaissance du patient et sur un ensemble de signaux acquis par leur expérience (façon de se déplacer, apparence physique, etc). Ont-ils raison ?

Une équipe de l’INSERM a commencé à répondre à partir des résultats obtenus par la cohorte S.AGES. Entre 2009 et 2014, il a été demandé à un panel de médecins généralistes recrutés sur toute la France de collecter des données sociales, démographiques et médicales de leurs patients âgés de 65 ans ou plus, non institutionnalisés et ayant un état de santé satisfaisant sur 3 ans de suivi. À l’inclusion, ils devaient également répondre à la question : « À votre avis, est-ce que votre patient(e) paraît plus jeune ou plus vieux (vieille) que son âges ou fait-il (elle) son âge ? »

Le traitement statistique des résultats a permis de montrer que les affections cardiaques, la dépression, l’obésité et une faible autonomie dans la vie quotidienne étaient associées principalement à des patients dont l’âge estimé par leur praticien était supérieur à leur âge réel. Inversement, un haut niveau d’études, une autonomie normale, l’absence de dépression, de pathologie vasculaire ou d’hypertension artérielle et une faible médication étaient associés à des patients paraissant plus jeunes que leur âge réel.

On notera que seules deux variables étaient corrélées à l’âge apparent à la fois « jeune » et « vieux » : l’autonomie et la présence/absence de dépression.

Pendant les trois années de suivi, 7,5% des patients sont décédés et faisaient partie de ceux ayant l’air plus jeune que leur âge, 8,7% sont décédés et faisaient partie de ceux faisant leur âge et 13,8% sont décédés et faisaient partie de ceux ayant l’air plus vieux.

Les auteurs concluent de ces résultats que l’évaluation de l’âge apparent peut être un outil relativement fiable pour estimer l’état de santé de leurs patients, même s’il n’est évidemment pas destiné à remplacer les scores de fragilité. C’est également un argument en faveur de l’apport du sens clinique du praticien au diagnostic.

L’étude INSERM a été financée par les laboratoires Sanofi et approuvée par le Comité de protection des personnes Île-de-France XI et l’ANSM.