L’âge a-t-il un impact dans l’artérite à cellules géantes ?

  • Daumas A & al.
  • Rev Med Interne
  • 17 déc. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude rétrospective française suggèrent que l’âge au diagnostic d’une artérite à cellules géantes (ACG) pourrait avoir un impact sur la présentation clinique de la maladie et soulignent la nécessité d’études randomisées prospectives pour évaluer les stratégies de prise en charge adaptées à l’âge. Les atteintes de l’aorte et de ses branches seraient plus fréquentes avant 75 ans et les antécédents cardiovasculaires, d’hypertension artérielle et de complications ophtalmiques plus fréquentes chez les sujets de 75 ans et plus. Cette étude montre que les bolus de méthylprednisolone seraient plus souvent utilisés chez les sujets les plus âgés (potentiellement du fait de l’atteinte ophtalmique). Enfin, bien que la durée moyenne de suivi soit plus courte chez les 75 ans et plus, le nombre de recidives et de corticodépendance étaient similaires entre les deux groupes. Il semble ainsi important de rechercher une ACG devant une atteinte inflammatoire de l’aorte et de ses branches chez les sujets les plus jeunes et de surveiller les complications ophtalmiques chez les plus âgés.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’artérite à cellules géantes (ACG) est la plus fréquente des vascularites du sujet de plus de 50 ans. Un pic d’incidence est identifié entre 70 et 80 ans. Les auteurs ont souhaité évalué l’impact de l’âge sur les caractéristiques initiales de la maladie, sa prise en charge diagnostique et thérapeutique et sur la survenue de complications vasculaires aortiques. Car à ce jour, les recommandations du Groupe d’étude français des artérites des gros vaisseaux (GEFA) et du protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) n’en tiennent pas compte.

Méthodologie

Cette étude rétrospective porte sur des données de patients diagnostiqués et suivis pour ACG en médecine interne entre 2005 et 2017 au CHU de Marseille. Pour être inclus les patients devaient présenter au moins 3 des 5 critères de l’American College of Rhumatology (ACR) et avoir bénéficié du dépistage d’une éventuelle atteinte de l’aorte et/ou de ses branches grâce à un angioscanner thoraco-abdomino-pelvien lors du bilan initial (ou jusqu’à 4 semaines post-diagnostic). 

Principaux résultats

Au total 164 patients (112 femmes, âge moyen 74 ans) ont été inclus et les données des sujets de moins de 75 ans au moment du diagnostic (n=84, 59 femmes) ont été comparées à celles des 75 ans et plus (n=80, 53 femmes).

Le nombre de sujets hypertendus était significativement plus élevé chez les ≥75 ans (60% vs 36,9%, p=0,005) et le nombre de sujets fumeurs plus important chez les vs 13,8%, p=0,006). Sept sujets parmi les moins de 75 ans avaient au moins un antécédent cardiovasculaire, contre 17 chez les plus de 75 ans, soit 8,3% versus 21,3% (p=0,026). Le nombre d’AVC, de coronaropathie et d’AOMI n’était pas significativement différent quel que soit l’âge au diagnostic. Aucune différence significative n’a pu être mise en évidence entre les deux groupes en ce qui concerne les signes généraux, la présence d’une toux chronique ou d’une pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR), les signes vasculaires périphériques, la présence d’un souffle d’insuffisance aortique, les paramètres biologiques de l’inflammation (VS et CRP), les taux d’hémoglobine et de plaquettes. 

Les atteintes ophtalmiques étaient plus fréquentes au diagnostic chez ceux qui avaient reçu un diagnostic à 75 ans ou plus (37,5% vs 20,2%, p=0,02), avec notamment 18 sujets de ce groupe présentant une cécité contre seulement 4 chez ceux qui avaient eu un diagnostic avant 75 ans (p=0,002). Les atteintes aortiques au moment du diagnostic étaient significativement plus fréquentes chez les moins de 75 ans (45 patients vs 14, p

Principales limitations

Cette étude était monocentrique, de faible effectif et rétrospective.