L’administration intra-articulaire de corticoïdes favoriserait la progression de l’arthrose

  • Zeng C & al.
  • Osteoarthr Cartil
  • 1 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Une étude menée en pratique clinique montre que l’administration intra-articulaire de corticoïdes augmente le risque de progression de l’arthrose du genou, en particulier lorsque cette administration est continue.
  • Ces résultats sont cohérents avec ceux d’un récent essai montrant l’augmentation de la perte cartilagineuse chez les sujets recevant des injections intra-articulaires répétées de corticoïdes.
  • Ces résultats étaient confirmés indépendamment de la présence ou non de facteurs confondants majeurs.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les injections intra-articulaires de corticoïdes sont fréquemment utilisées pour contrôler les symptômes douloureux liés à l’arthrose. Un essai clinique randomisé a récemment rapporté que les injections répétées de corticoïdes en intra-articulaire seraient associées à une augmentation de la perte cartilagineuse. Il était donc intéressant d’évaluer cette relation dans des conditions de pratique clinique, d’autant plus que plusieurs sociétés savantes recommandent cette pratique (l’OARSI – Osteoarthritis Research Society International, l’ACR –American College of Rheumatology et le NICE – National Institute for Health and Care Excellence).

Méthodologie

Les données d’une cohorte d’individus souffrant d’arthrose radiographique au genou ayant initié un traitement par injections intra-articulaires de corticoïdes ont été comparées à celles de sujets présentant les mêmes caractéristiques cliniques mais ne recevant pas ce type de traitement. Deux mesures de la progression de l’arthrose articulaire ont été suivies durant l’étude : l’augmentation du grade ≥1 de Kellgren et Lawrence (KL) ou la pose d’une prothèse et la diminution de l’espace inter-articulaire de ≥0,7 mm ou la pose d’une prothèse. Les patients étaient interrogés à T0 puis à chaque visite annuelle pour savoir s’ils avaient reçu dans les 6 derniers mois une injection de stéroïdes dans un genou. Les études incluses mentionnaient une utilisation intra-articulaire de corticoïdes jusqu’à 48 mois.

Principaux résultats

Au total, 684 participants (58,9% de femmes, âge moyen 62,6 ans), ont été appariés par score de propension à l’inclusion, soit 148 genoux recevant une initiation de corticoïdes intra-articulaires appariés à 536 genoux contrôles n’en recevant pas.

Durant le suivi équivalent à 300 personnes-années, 65 genoux dans le groupe corticoïdes intra-articulaires contre 90 pour 1.266 personnes-années dans l’autre groupe ont eu une dégradation du score de KL. Soit l’équivalent respectivement de 21,7 et 7,1/100 personnes-années. 

Par rapport à l’absence de traitement par corticoïdes intra-articulaires, le risque d’aggravation du score KL chez les sujets ayant initié ce type de traitement et continuant ces traitements était respectivement augmenté d’un facteur 3,02 et 4,67.

Le risque correspondant évalué sur le critère de rétrécissement de l’espace intra-articulaire était respectivement augmenté d’un facteur 2,9 et 3,3.

Limites de l’étude

Certains effets des corticoïdes par voie intra-articulaire ont pu être surestimés du fait du type de recueil de données.