L’acupuncture limite la toxicité de la radiothérapie sur les glandes salivaires

  • Garcia MK & al.
  • JAMA Netw Open
  • 2 déc. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude menée auprès de patients traités pour un cancer oro ou nasopharyngé par radiothérapie, des séances d’acupuncture 3 fois par semaine durant 6 à 7 semaines concomitantes aux traitements permettent de réduire l’incidence des xérostomies induites par la radiothérapie, ainsi que leur sévérité, mesurées 1 an après l’arrêt des traitements, par rapport aux soins standards.
  • L’acupuncture pourrait donc être considérée en traitement adjuvant au traitement de radiothérapie standard chez les patients intéressés.
  • Les différences d’effet observées entre les deux centres de l’étude appellent cependant à confirmer ces résultats.

 

Les glandes salivaires étant particulièrement sensibles aux radiations, la moitié des patients qui reçoivent une radiothérapie en traitement d’une tumeur de la tête et du cou sont affectés d’hyposialie ou de xérostomie radio-induite (XRI). Une fois établie, celle-ci est irréversible et s’accompagne souvent d’autres troubles de la sphère ORL qui altèrent considérablement la qualité de vie. Deux études pilotes menées par une équipe sino-américaine avaient déjà suggéré que des séances d’acupuncture délivrées de façon concomitante à la radiothérapie pouvaient prévenir les XIR. Dans un essai de phase 3, la même équipe a comparé des séances d’acupuncture « vraies » à des séances factices et aux seuls soins standards.

Des séances d’acupuncture en parallèle de la radiothérapie

Des patients atteints de carcinome oropharyngé ou nasopharyngé sous radiothérapie (RT) ont été inclus au sein de deux centres, l’un aux États-Unis, l’autre en Chine. Ces sujets ont été randomisés pour recevoir des séances d’acupuncture vraies ou une procédure d’acupuncture factice 3 fois par semaine durant 6 à 7 semaines, ou bien seulement les soins standards. Les XIR étaient recherchées et évaluées par un questionnaire dédié (Xerostomia Questionnaire) un an après la fin des traitements par RT (un score de 30 sur un maximum de 80 étant considéré comme correspondant à l’absence de symptômes de xérostomie ou à des symptômes légers).

Un risque de xérostomie radio-induite réduit par l’acupuncture

Les données de 339 patients ont ainsi pu être analysées. Ils avaient en moyenne 51,3 ans et la majorité (77,6%) étaient des hommes. Leur taux d’observance s’est montré particulièrement élevé (95,9%). Le score de xérostomie est apparu significativement plus bas dans le groupe acupuncture (26,6) que dans le groupe qui recevait des soins standards (34,8) (p=0,001), avec une taille d’effet moyenne (-0,44). Le score moyen du groupe acupuncture était également plus bas par rapport à celui qui recevait une procédure d’acupuncture factice (31,3), mais sans différence significative (p=0,06). Un an après la fin des traitements, l’incidence des xérostomies significatives au plan clinique étaient moins importante dans le groupe acupuncture (34,6%) que dans le groupe ayant reçu une procédure factice (47,8%) et que dans celui ayant reçu des soins standards (55,1%) (p=0,009). Aucun effet indésirable lié au traitement par acupuncture n’a été rapporté par les participants en dehors de l’inconfort lié à la mise en place des aiguilles.