L’activité sexuelle est-elle bénéfique après un infarctus du myocarde ?

  • Kepler SB & al.
  • Am J Med
  • 8 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Une étude vient d’évaluer l’association entre l’activité sexuelle et la mortalité chez des sujets âgés de 65 ans ou moins et ayant eu un infarctus du myocarde (IDM).
  • Au cours du temps, l’abstinence sexuelle a augmenté au sein de cette population interrogée 5 ans, puis 10 à 13 ans après leur hospitalisation pour IDM.
  • L’abstinence sexuelle 10 à 13 ans après un IDM était le plus souvent en lien avec l’absence de partenaire stable et la présence de problèmes de santé non cardiaques.
  • Un suivi mené durant 22 ans a permis de mettre en évidence une association indépendante entre l’activité sexuelle et l’espérance de vie.

Méthodologie

Une cohorte de patients de 65 ans ou moins a été recrutée après un premier infarctus du myocarde entre 1992 et 1993 au sein de 8 hôpitaux israéliens et a été suivie jusqu’en 2015. La fréquence auto-rapportée des rapports sexuels a été notifiée durant l'hospitalisation pour IDM (en référence à l’année écoulée) et après 5 et 10 à 13 ans post hospitalisation.

Principaux résultats

Au total, 1.120 patients âgés de 53 ans en moyenne (86% d’hommes) ont été inclus dans les analyses. Parmi eux, 42% déclaraient avoir eu plus d’une relation sexuelle par semaine et 6% aucune relation sexuelle par semaine durant l’année précédant l’infarctus. Ceux qui avaient une activité sexuelle plus importante étaient plus jeunes et plus souvent des hommes. Dix à treize ans après l’IDM, ces chiffres étaient respectivement de 21% et 27%. L’activité sexuelle diminuait avec l’âge, le sexe féminin, l’absence de partenaire stable et la présence de comorbidités.

Après ajustement sur plusieurs facteurs de confusion, et par rapport à ceux qui n’avaient pas de relations sexuelles, la mortalité était respectivement diminuée de 32%, 37% et 28% chez ceux qui avaient plus d’une relation sexuelle par semaine, une relation par semaine, ou moins d’une relation par semaine.

Les raisons de l’abstinence sexuelle étaient plus souvent un manque de partenaire stable, des problèmes médicaux non cardiaques, alors qu’une dysfonction sexuelle et l’état de santé cardiaque étaient moins souvent évoqués.

Principales limitations

Étude observationnelle et ayant inclus un faible nombre de femmes.