L’activité physique : un vrai traitement


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’APA (activité physique adaptée) est devenue une véritable thérapeutique, à la fois comme traitement symptomatique et curatif. Pour le symptomatique, elle a démontré un effet anti fatigue chez les sujets souffrant de cancer, anxiolytique dans un contexte de dyspnée chez les patients souffrant de BPCO et antalgique dans les troubles musculo-squelettiques. Elle améliore également l’estime de soi, agit comme myorelaxant dans les maladies musculaires, anti-inflammatoire dans les maladies auto-immunes et régule le rythme veille/sommeil dans le syndrome de l’apnée du sommeil. 

Ses effets curatifs, eux, ont été particulièrement démontrés dans quatre maladies chroniques :

  • Le diabète. Plusieurs méta-analyses ont mis en exergue l’existence d’une relation inverse entre la dose d’AP (activité physique) et la mortalité toutes causes confondues et cardiovasculaire. Et l’APA d’intensité moyenne à forte contribue au contrôle de la glycémie et de l’insulino-résistance, ce que confirme la diminution de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Ainsi à partir des études menées, l’expertise collective Inserm recommande la prescription d’un programme d’APA d’au moins 2,5 heures par semaine, supervisé et progressif d’au moins 3 mois en première intention. Ce programme doit combiner au minimum 3 séances d’endurance d’intensité modérée à forte et 2 séances de renforcement musculaire par semaine. Ce programme d’APA est à coupler avec un programme d’ETP (éducation thérapeutique du patient) avec changement des habitudes alimentaires sans régime hypo-calorique. Le patient devra être incité à poursuivre la pratique d’activités physiques toute sa vie.
  • L’AP présente un intérêt en cas de surpoids ou d’obésité en facilitant la mobilisation des graisses par le tissu adipeux et leur oxydation par les muscles locomoteurs. Le bénéfice d’un programme d’APA seul sur le poids est modeste. Ainsi, l’expertise collective Inserm préconise la prescription en première intention d’un programme thérapeutique supervisé et progressif d’APA avec suivi de la diminution du tour de taille. Le programme doit privilégier des séances d’endurance d’intensité élevée (au moins 3 fois/semaine) et de renforcement musculaire. Ce programme devra être associé à un programme d’ETP axé sur le changement des habitudes alimentaires et un régime hypocalorique. Il sera poursuivi avec une pratique diversifiée et ludique d’au minimum 3h30 par semaine.
  • Chez les patients ayant une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), l’expertise collective INSERM recommande un programme supervisé d’APA en première intention dès le stade de claudication quel que soit le niveau de lésion. Il viendra compléter un traitement médical avant d’envisager une revascularisation, et sera associé à un programme d’ETP spécifique. Le programme d’APA comprendra de la marche. L’effort de marche doit être d’intensité suffisante pour déclencher une symptomatologie claudicante selon le protocole de Gardner. À ce stade, il s’arrêtera sans forcer et respectera un repos de 5 minutes avant de repartir. Plus la claudication est rapprochée, plus le temps de repos devra être long. Ce programme sera réalisé au moins 3 fois par semaine durant 30 à 60 minutes et durant 3 à 6 mois. Il inclura également un travail sur les membres supérieurs et de la gymnastique spécifique aux membres inférieurs à des intensités suffisantes, mais sans dépasser les seuils modérés de douleur.
  • Pour les patients dépressifs, l’expertise Inserm recommande un programme d’APA de 3 mois en première intention lorsque la dépression est d’intensité légère à modérée. Ce programme est à associer à des traitements médicamenteux et psychothérapeutiques et à un recours à un psychiatre en cas de dépression sévère.