L’activité physique, un facteur de risque essentiel de sévérité de la COVID-19

  • Sallis R & al.
  • Br J Sports Med

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude de cohorte rétrospective montre que l’activité physique est un facteur de risque modifiable important de la sévérité de la COVID-19.
  • Le risque d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès par COVID-19 est significativement réduit chez les sujets suivant les recommandations d’activité physique de plus de 150 minutes par semaine par rapport aux sujets inactifs ou moins actifs.
  • De plus, une activité physique, même modérée, réduit le risque de ces trois paramètres.

 

Aux côtés de l’âge et du sexe masculin, les comorbidités telles que le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires ont été clairement identifiées comme des facteurs de risque de la sévérité de la COVID-19. Cependant, l’impact d’une activité physique régulière, qui influence ces comorbidités, stimule les défenses immunitaires et réduit l’inflammation systémique, n’a pas été mesuré. Rappelons qu’en France, les recommandations émises dans le cadre du PNNS préconisent l’équivalent de 30 minutes de marche rapide par jour, réparties sur au moins 5 jours par semaine, et qu’aux États-Unis, les guidelines recommandent 150 minutes par semaine d’activité physique modérée à intense. Ce temps d’activité physique déjà jugé insuffisant s’est vu réduit par les différentes périodes de confinement. Aussi, une équipe américaine a voulu mesurer l’éventuel effet protecteur d’une activité physique régulière avant infection par le SARS-CoV-2 sur l’évolution de la COVID-19, de façon à pouvoir adapter les mesures de santé publique durant la pandémie.

Méthodologie

À partir de la base de données du système de soins du Kaiser Permanente Southern California, tous les sujets adultes (≥18 ans) ayant eu un test PCR positif au COVID-19 entre le 1er janvier et le 21 octobre 2020 et disposant d’au moins 3 visites médicales ayant mesuré leur activité physique (exercise vital sign, EVS) au cours des 2 ans ayant précédé le premier confinement ont été inclus. Ces patients ont été stratifiés en 3 groupes selon leur niveau d’activité physique : régulièrement inactifs (EVS de 0 à 10 minutes d’activité physique par semaine), modérément actifs (EVS de 11 à 149 minutes/semaine) et régulièrement actifs (EVS > 150 minutes/semaine) selon les recommandations américaines actuelles. Le taux d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès a ensuite été mesuré au sein de ces trois groupes, et l’association de ces paramètres en fonction du niveau d’activité physique a ensuite été évaluée. 

Résultats

  • Une cohorte de 48.440 patients a ainsi pu être étudiée (âge médian de 47 ans, 61,9% de femmes).
  • Après ajustement sur les facteurs de risque de forme sévère de COVID-19, le groupe de patients régulièrement inactifs avait un risque d’hospitalisation multiplié par 2,26 [1,18-2,83] par rapport au groupe suivant les recommandations d’activité physique. Ce risque n’était multiplié que par 1,89 [1,53-2,33] pour le groupe modérément actif.
  • Un surrisque était également observé pour l’admission en soins intensifs dans le groupe des inactifs (1,73 [1,18-2,55]) et des modérément actifs (1,58 [1,10-2,27]) par rapport à ceux suivant les recommandations.
  • Concernant les décès par COVID-19, le risque était multiplié par 2,49 [1,33-4,67] chez les patients régulièrement inactifs et par 1,88 [1,02-3,47] chez les modérément actifs, toujours par rapport à ceux suivant les recommandations. 
  • Pour ces trois paramètres, l’augmentation du risque liée à l’inactivité physique était supérieure à celle liée au tabagisme ou à d’autres comorbidités associées à la sévérité de la COVID-19 (obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires et cancer), suggérant que l’activité physique pourrait être le facteur de risque modifiable le plus important. 
  • Par ailleurs, une réduction du risque apparaissait également chez les modérément actifs par rapport aux inactifs, soulignant les bienfaits d’une activité physique, même modérée.

Limite

Activité physique autodéclarée.