L’activité physique, un élément clé pour lutter contre la dépression chez les adolescents ?

  • Kandola A & al.
  • Lancet Psychiatry
  • 1 mars 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Pour la première fois une étude longitudinale vient de mettre en évidence l’association entre la pratique d’une activité physique, la sédentarité et le risque de symptômes dépressifs chez les adolescents. Entre 12 et 16 ans, une heure supplémentaire de sédentarité au quotidien et de manière persistante augmenterait de 8 à 11% les symptômes dépressifs à 18 ans. Alors qu’une heure supplémentaire régulière d’activité physique de faible intensité entre 12 et 16 ans diminuerait ce risque selon la même amplitude. Ces données sont intéressantes à la fois pour les pouvoirs publics et pour la pratique clinique.

Protocole de l’étude

Des adolescents ont été inclus dans cette étude à partir d’une cohorte de parents-enfants qui participaient à l’étude Avon Longitudinal Study of Parents and Children (ALSPAC). Les adolescents devaient porter un accéléromètre à 12, 14 et 16 ans (durant 7 jours) et répondre à un questionnaire d’identification de symptômes dépressifs (CIS-R, Clinical Interview Schedule-Revised) à l’âge de 18 ans. 

Principaux résultats

Au total, les scores de dépression (CIS-R) de 4.257 adolescents sur 14.901 inscrits dans l’étude étaient disponibles. La durée moyenne de suivi était de 6 ans, et les données respectives de 2.486, 1.938 et 1.220 adolescents ont pu être recueillis lorsqu’ils avaient respectivement 12, 14 et 16 ans.

À l’inclusion, la cohorte était constituée de 44% de garçons. Le niveau global d’activité physique était plus important pour les garçons que pour les filles et cet écart persistait dans le temps. L’activité physique moyenne quotidienne diminuait de 603 coups par minutes (CPM - unité de l’accéléromètre) à 12 ans à 474 CPM à 16 ans, et la durée moyenne de sédentarité augmentait de 430 min/jour à 12 ans à 523 min/jour à 16 ans. À 18 ans, le score médian CIS-R était de 2 (sur une échelle allant de 0 à 21) et 17,5% des adolescents étaient potentiellement en dépression (score CIS-R ≥7). La durée moyenne d’activité physique de faible intensité diminuait entre 12 et 16 ans (325 min/j à 244 min/j) et la pratique d’une activité physique d’intensité modérée à intense restait en moyenne stable dans le temps. Au global, toute heure supplémentaire de sédentarité entre 12 et 16 ans augmentait le score de symptômes dépressifs de 8 à 11% à 18 ans.

En revanche toute heure supplémentaire d’activité physique de faible intensité entre 12 et 16 ans diminuait le score de symptômes dépressifs de 8 à 12% à 18 ans.

La modélisation de l’évolution des adolescents a permis de mettre en évidence trois trajectoires :

  • Par rapport aux moins sédentaires, ceux qui avaient eu un comportement très sédentaire ou moyennement sédentaire de manière persistante entre 12 et 16 ans avaient respectivement un score de symptômes dépressifs 28% et 25% plus élevé à 18 ans.
  • Par rapport à ceux qui avaient les plus faibles niveau d’activité physique de faible intensité entre 12 et 16 ans, ceux qui avaient eu les niveaux les plus élevés avaient un score de symptômes dépressifs 20% plus faible à 18 ans. 

Toute augmentation de 15 min/jour de la pratique d’une activité physique modérée à intense à 12 ans diminuait le score de CIS-R de 9% à 18 ans. En revanche, cette association n’a pas été retrouvée à 14 ou 16 ans.