L’acide cholique comme alternative thérapeutique dans la xanthomatose cérébrotendineuse

  • Mandia D & al.
  • J Neurol
  • 21 mai 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Au sein d’un petit groupe de 12 patients atteints de xanthomatose cérébrotendineuse, l’apport d’acide cholique (AC) a permis de réduire les taux de cholestanol chez tous les patients naïfs de traitement par acide chénodéoxycholique (ACDC) et de maintenir des taux bas chez ceux ayant dû passer d’un traitement par ACDC à un traitement par AC. Une amélioration clinique a également été constatée chez 10 patients sur 12. Deux patients seulement se sont aggravés, l’un naïf de traitement par ACDC (malgré un switch vers l’ACDC après échec à l’AC) et l’autre pas, suggérant que les patients ne répondant pas à l’ACDC ont peu de chance de répondre à l’AC. L’AC s’est par ailleurs montré sûr et bien toléré, alors que l’ACDC est susceptible d’entraîner une élévation persistante des transaminases. Ces résultats soutiennent donc l’utilisation de l’AC comme alternative de traitement à l’ACDC et appellent à une comparaison en face-face des deux traitements.

 

 

La xanthomatose cérébrotendineuse (XCT) est une maladie autosomale récessive rare responsable d’une altération de la synthèse des acides biliaires. L’altération d’une enzyme participant à la voie de synthèse des acides biliaires étant défectueuse, les composés intermédiaires s’accumulent dans les tissus (tendons, système nerveux …) entraînant une large variété de symptômes.

La pathologie se manifeste par une cholestase néonatale, une cataracte à début infantile, des xanthomes tendineux apparaissant chez l’adolescent ou le jeune adulte, puis cérébraux pouvant occasionner des troubles moteurs, ainsi qu’un déclin cognitif et d’autres troubles neurologiques chez l’adulte.

De nouvelles options thérapeutiques envisagées

Le traitement repose sur un apport oral des acides biliaires déficitaires notamment l’ACDC ou d’AC, avec jusqu’ici une préférence pour le premier ayant déjà démontré sa capacité à améliorer les symptômes neurologiques, mais non dénué d’effets indésirables (nausées, diarrhée, élévation des enzymes hépatiques).  L’intérêt d’une administration d’AC a, de son côté, été encore peu explorée, mais les quelques éléments disponibles dans la littérature semblent indiquer une amélioration similaire à celle obtenue sous ACDC, avec une tolérance qui pourrait même être améliorée, ce qui incite à l’envisager comme une alternative thérapeutique.

Pour explorer cette possibilité, des chercheurs du département de neurologie et du centre de référence des maladies lysosomales de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ont mené une étude rétrospective pour évaluer l’efficacité biologique et la tolérance de l’AC. Douze sujets adultes atteints d’une XCT documentée et traitée par AC dans 8 hôpitaux français et 1 hôpital belge ont été enrôlés. La plupart d’entre eux avaient reçu des doses de 750 mg/j.

Des résultats encourageants pour l’acide cholique

Sur une durée de suivi d’un peu plus de 2 ans, 10 patients sur 12 se sont améliorés sous AC.

Chez les sujets naïfs de tout traitement antérieur par ACDC (n=7), l’apport d’AC a permis une amélioration clinique chez 5 d’entre eux, 1 patient est resté stable et l’état de la dernière patiente s’est aggravé, avec une détérioration qui s’est poursuivie malgré le passage à un traitement par ACDC. Une forte réduction du cholestanol plasmatique (marqueur biologique de la pathologie) a également été observée.

Chez les patients ayant bénéficié d’un traitement ACDC préalable (n=5) mais ayant dû passer à l’AC pour des raisons d’effets indésirables, les taux de cholestanol étaient bas et sont restés stables suite au passage à l’AC. Un patient s’est aggravé sur le plan clinique.

Par ailleurs, aucun patient n’a rapporté d’effet indésirable suite à l’administration d’AC, alors qu’une élévation des transaminases a été observée chez quelques patients traités par ACDC.

Financement

Ces travaux ont reçu le soutien de la société Retrophin.