L’accouchement prématuré, un facteur de risque cardiovasculaire pour les mères ?

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L'accouchement prématuré (APR) met d'abord en péril le nouveau-né, d'autant plus que la prématurité est grande. L'état de santé de la mère peut être en cause, tout autant que son hygiène de vie ou d'autres facteurs, d'ordre socio-économique ou éducatif, par exemple. Le sujet est vaste, mais indépendamment de ces considérations classiques, il semble que l'APR soit également associé à une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire (MCV) chez la mère. Il existait déjà des arguments plus ou moins probants en faveur de cette hypothèse, mais leur solidité pouvait être mise en doute du fait de l'existence de facteurs de confusion multiples, qu'il s'agisse de l'âge, du mode de vie avant ou pendant la grossesse, mais aussi des facteurs de risque cardiovasculaire classiques, notamment HTA et diabète.

L'étude de cohorte prospective dite NHANES II (Nurses' Health Study II) s'avère plus précise et plus discriminante dans l'approche du sujet évoqué. Elle a inclus au total 70 182 femmes primipares et multipares dont certaines ont eu un ou des APR (< 37 semaines). L'association entre ce dernier et le risque ultérieur de MCV a été recherchée au moyen d'une analyse multivariée menée selon la méthode des risques proportionnels de Cox. Ont été ainsi calculés les hazard ratios (HRs) et leurs intervalles de confiance à 95 % (IC) quant au risque d'infarctus du myocarde (IDM) et d'accident vasculaire cérébral (AVC), dont 949 ont été dénombrés pendant le suivi de la cohorte. La contribution de facteurs de risque de la MCV développés dans le post-partum a fait l'objet d'ajustements statistiques spécifiques.

Faible contribution des facteurs de risque cardiovasculaire du post-partum

Un APR au terme d'une première grossesse a été associé à une augmentation du risque de MCV (versus les accouchements à terme ≥ 37 semaines), le HR étant en effet estimé à 1,42 (IC, 1,16-1,72), après ajustement en fonction des variables suivantes : âge, ethnie, niveau d'éducation des parents, mode de vie avant la grossesse et facteurs de risque cardiovasculaire. Le terme a influé sur ce sur-risque. Ainsi, pour des valeurs comprises entre ≥ 32 et < 37 semaines, le HR a été estimé à 1,22 (IC, 0,96-1,54), versus 2,01 (IC, 1,47-2,75) pour un terme < 32 semaines. Pour ce dernier cas de figure, le HR est resté stable (2,01, IC, 1,38-2,93), même quand la première grossesse n'a pas été compliquée par une HTA gravidique plus ou moins sévère. En cas d'APR multiples (versus accouchements à terme), le HR de MCV a été de 1,65 (IC, 1,20-2,28).

L'association entre APR inaugural (terme ≥ 32 et < 37 semaines) et MCV est apparue en partie imputable (proportion estimée à 14,5 %, IC, 4,0-41,1) à la survenue de facteurs de risque cardiovasculaire au cours du post-partum, qu'il s'agisse d'une HTA, d'une hypercholestérolémie, d'un diabète de type 2 ou encore de variations de l'indice de masse corporelle. Dans le cas d'un APR < 32 semaines, la proportion correspondante a été estimée à 13,1 % (IC, 9,0-18,7).

Ainsi, l'accouchement prématuré semble constituer une variable indépendante pr...