L’abaissement du seuil d’HTA diastolique isolée modifie-t-il le niveau de risque cardiovasculaire ?

  • McEvoy JW & al.
  • JAMA
  • 28 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

En 2017, l’ACC/AHA a abaissé le seuil définissant l’hypertension à 130/80 mmHg. Ce qui de fait a changé le seuil de l’hypertension artérielle diastolique isolée. Une étude publiée dans The Lanceta comparé la prévalence de l’HTA diastolique isolée aux États-Unis et a évalué l’association entre l’hypertension artérielle diastolique isolée et le risque d’événement cardiovasculaire majeur (quelle que soit la définition utilisée entre celle des recommandations ACC/AHA - American College of Cardiology et l’American Heart Association de 2017 ou celle du JNC7 - Joint National Committee de 2003).

Les résultats montrent que la prévalence de l’HTA diastolique isolée serait de 1,3% selon la définition du JNC7 et de 6,5% selon la définition de l’ACC/AHA, soit une différence de 5,2%. Cependant, aucune association significative n’a été mise en évidence entre l’HTA diastolique isolée à l’inclusion (quelle que soit la définition) et le risque de maladie cardiaque ischémique, d’insuffisance cardiaque ou de maladie rénale chronique à travers un suivi longitudinal médian de 25 ans. Et des analyses sur des cohortes externes n’ont montré aucune association entre l’HTA diastolique isolée selon la définition ACC/AHA 2017 et la mortalité cardiovasculaire. Ainsi, il n’y aurait pas d’association entre HTA diastolique isolée et événements cardiovasculaires quelle que soit la définition de l’HTA diastolique isolée utilisée entre celle de l’ACC/AHA 2017 ou du JNC7.

Protocole de l’étude

Analyses de l’étude transversale NHANES 2013-2016 (National Health and Nutrition Examination Survey), et de l’étude longitudinale ARIC 1990-1992 (Atherosclerosis Risk in Communities) avec un suivi jusqu’en décembre 2017. Ces dernières analyses ont été validées dans deux cohortes externes : 1- NHANES III (1988-1994) et NHANES (1999-2014), 2- CLUE II, avec une inclusion en 1989.

Principaux résultats

Au total, 9.590 adultes issus des cohortes NHANES ont été inclus (âge moyen 49,6 ans, 52,3% de femmes) et 8.703 adultes issus de l’étude ARIC (âge moyen 56,0 ans, 57,2% de femmes). Dans la cohorte NHANES, la prévalence de l’hypertension diastolique isolée était de 6,5% ou 1,3% selon que l’on considère la définition de l’ACC/AHA ou celle du JNC7. 

Le pourcentage de patients catégorisés comme souffrant d’HTA diastolique isolée dans l’étude longitudinale ARIC (à la seconde visite) était également plus important selon la définition de l’ACC/AHA que celle du JNC7 (11% vs 2%). Par rapport à des sujets ayant une pression artérielle normale, aucune association n’a été retrouvée entre l’HTA diastolique isolée et le développement d’une maladie cardiovasculaire subclinique, ou encore d’une maladie cardiovasculaire ischémique, d’une insuffisance cardiaque ou d’une maladie rénale chronique sur un suivi médian de 25,2 ans (étude ARIC).

Des analyses menées sur des cohortes externes n’ont pas mis en évidence non plus de différence de risque de mortalité cardiovasculaire chez les sujets souffrant d’HTA diastolique isolée.