Kératose actinique : comparaison à long terme du diclofénac et de l’imiquimod

  • Gollnick H & al.
  • J Eur Acad Dermatol Venereol
  • 13 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude randomisée internationale de phase IV menée, l’imiquimod 5% offre un taux de guérison de la kératose actinique supérieur à celui lié au diclofénac 3% et permet également de réduire le risque de progression histologique et d’évolution vers le carcinome épidermoïde cutané (CEC) à 3 ans de façon plus importante, avec un taux de récidive plus faible.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La kératose actinique est une lésion précancéreuse qui, si elle n’est pas prise en charge, peut évoluer vers le CEC. L’efficacité des traitements par imiquimod ou par diclofénac a déjà fait l’objet d’études sur plusieurs années, mais celles ayant comparé directement les deux traitements ont été menées sur de plus courtes périodes. Dans cette publication, les données de deux études multicentriques ouvertes internationales de phase IV ont été poolées.

Méthodologie

Les deux études ont chacune inclus et randomisé des patients présentant 5 à 10 lésions de kératose actinique (stade I ou II) sur une zone limitée de la face ou de la tête (hors paupières, intérieur des oreilles ou des narines). Ils recevaient un cycle de traitement par imiquimod 5% (application 3 nuits/sem pendant 4 semaines) ou par diclofénac 3% (2 fois/j pendant 12 semaines). Les protocoles prévoyaient la durée du délai avant évaluation et nouveau cycle thérapeutique si les lésions ne disparaissaient pas. Au total, chaque patient pouvait recevoir jusqu’à 6 cycles.

Principaux résultats

  • Au total, 479 patients (84-90% d’hommes, âge moyen 71 ans) ont été inclus et traités dans ces deux études. Au cours du traitement, 33,8% des patients ont quitté l’étude, majoritairement dans le groupe diclofénac (38,8% vs 28,9%), au sein duquel les sorties pour inefficacité ou évènements indésirables étaient plus fréquentes.
  • La durée moyenne et le nombre moyen de cycle de traitement étaient supérieurs dans le groupe diclofénac (557,7 et 2,9 cycles sous diclofénac versus 440,6 jours vs 2,4 cycles sous imiquimod).
  • L’évolution des lésions vers le stade III ou vers un CEC à l’issue des 3 ans (critère principal d’évaluation) était observée chez 5,4% des sujets traités par imiquimod contre 11,0% de ceux sous diclofénac (différence de risque absolu –5,6% [–10,7 à – 0,7]). Le délai avant progression histologique était également supérieur sous imiquimod. À 20 semaines, la disparition des lésions était plus fréquente sous imiquimod (52,1 vs 35,4% des patients) tandis que le taux d’évolution vers un CEC était supérieur sous diclofénac à tous les moments d’évaluation (12, 24 et 36 mois après le dernier cycle).
  • Les deux traitements étaient tolérés de la même façon au cours du suivi, avec un taux d’évènements liés au traitement (EILT) de 86% et 82% respectivement pour l’imiquimod et le diclofénac et un taux de patients présentant des EILT sévères de 17 % et 23% respectivement.