Jusqu’à 642 euros de reste à charge annuel pour les patients atopiques

  • Launois R & al.
  • J Eur Acad Dermatol Venereol
  • 19 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le coût associé aux soins et produits non pris en charge par l’Assurance Maladie ou par les complémentaires santé pèsent lourd dans le budget des patients adultes souffrant de dermatite atopique (DA). Selon l’enquête ECLA ( Eczema Cohort Longitudinal Adults ), le reste à charge moyen pourrait dépasser les 200 euros voire même 400 euros annuels chez ceux souffrant d’une DA modérée ou sévère respectivement. Les émollients et produits d’hygiène sont les produits qui constituent la majeure partie de ces sommes, mais les vêtement adaptés et les compléments alimentaires constituent également des postes de dépense non négligeables. Si les premiers sont légitimes pour réduire les manifestations cutanées, comme les démangeaisons, les seconds ne sont pas recommandés, mais constituent souvent un recours alternatif du fait que les symptômes ne soient pas entièrement soulagés, notamment dans les stades les plus sévères.

Ces données doivent aider à interroger la façon dont les produits nécessaires au soulagement des symptômes liés à la DA sont pris en charge en France, afin d’éviter notamment leur poids dans le budget des ménages les plus modestes.

Méthodologie

L’enquête ECLA a été menée dans 4 centres hospitaliers français (Brest, Bordeaux, Créteil, Reims). Un questionnaire a été soumis aux patients adultes souffrant de DA, dans lequel ils devaient lister tous les produits utilisés dans le cadre de leur maladie au cours des 12 derniers mois et le reste à charge qu’ils estimaient comme étant lié. Parallèlement, le coût de ce reste à charge était calculé par les investigateurs à partir de la liste déclarée afin de s’assurer de la cohérence des déclaratifs.

Principaux résultats

  • Au total, 1.024 patients ont répondu dont 58,3% de femmes : le stade de la DA était sévère, modéré ou léger pour 31,9%, 40,4% et 27,6% de la cohorte respectivement. Les plus sévèrement atteints étaient en moyenne plus jeunes que les autres (38,5 vs 41,1 et 50 ans respectivement).
  • Le montant total des dépenses non remboursées était estimé à 350,5 euros par patient et par an selon le déclaratif, réparti entre 76,7 euros pour les DA légères à 462,1 euros pour les DA sévères. Le calcul mené par les investigateurs donnait des résultats comparables (de 51,7 à 489,8 euros).
  • Les émollients (utilisés par 40,9 à 93% des sujets de la cohorte selon la sévérité) représentaient entre 51,5 et 254,7 euros non pris en charge par an.
  • Les produits d’hygiène (utilisés par 33,7 à 86,3% des sujets de la cohorte) représentaient entre 544,2 et 103,4 euros non pris en charge par an.
  • Enfin, des vêtements adaptés et des compléments alimentaires, qui pouvaient être utilisés jusqu’à respectivement 26,9% et 18,5% des patients, représentaient un reste à charge de 162 et 107 euros respectivement pour les patients.
  • Au total, 21,1% des participants ont déclaré n’avoir aucun frais liés à la DA restant à charge.

Financement

L’étude a été financée par Sanofi.