Jusqu’à 2 à 3 fois plus de risque d’IRC au cours de la première moitié de vie chez les enfants nés avant terme !

  • Crump C & al.
  • BMJ
  • 1 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une cohorte suédoise de plus de 4 millions de personnes montrent que par rapport à des enfants nés à terme, le risque d’insuffisance rénale chronique (IRC) durant l’enfance et l’âge adulte serait doublé voire triplé chez les enfants nés avant terme ou en grande prématurité. Chez ceux nés proche du terme (37-38 SA), ce même risque serait tout de même multiplié par un facteur 1,3. Ainsi, ces données incitent à mettre en place un suivi spécifique de la fonction rénale dans le temps chez les enfants nés avant terme, quel que soit l’âge gestationnel à la naissance. N’oublions pas que l’insuffisance rénale chronique progresse de manière silencieuse.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Plus de 60% des néphrons seraient formés au cours du 3trimestre de grossesse. Ainsi, une naissance prématurée (

Méthodologie

Plus de 4 millions d’enfants suédois ont été suivis entre 1973 et 2014 à partir des registres nationaux des naissances.

Principaux résultats

Les enfants nés avant terme étaient plus susceptibles d’être des garçons, être nés de primipares et d’avoir des anomalies congénitales. Leur mère était elle-même plus susceptible d’être à un âge extrême, de fumer, d’avoir un faible niveau d’éducation, un IMC élevé, d’avoir eu une pré-éclampsie, une hypertension artérielle ou un diabète durant sa grossesse.

  • L’incidence globale de l’IRC au cours du suivi était de 4,95/100.000 personnes-années tous âges confondus (0-43 ans). Pour comparer, l’incidence était de 9,24 pour les enfants nés prématurés (
  • Parmi les enfants ayant eu un diagnostic néonatal d’insuffisance rénale aiguë, 24% ont ensuite reçu un diagnostic d’insuffisance rénale chronique (20% d’entre eux étaient nés prématurément). Les analyses ont montré que plus l’âge gestationnel à la naissance était faible, plus le risque d’IRC était élevé, avec une réduction du risque d’IRC de 8% pour chaque semaine de gestation supplémentaire.
  • Sur le suivi (0-43 ans), par rapport à une naissance à terme, une naissance entre 22 et 27 SA (prématurité extrême), avant 37 SA (prématurité) et entre 37 et 38 SA était associée à un risque d’IRC multiplié par 3, 2 et 1,3 respectivement. 
  • Le risque d’IRC dans l’enfance (entre 0 et 9 ans) était multiplié par 5 lorsque l’enfant était né prématurément, ce risque diminuait dans le temps, mais restait supérieur à celui des enfants nés à terme : hazard ratio ajusté (HRa) 1,97 et 1,34 pour les sujets entre 10-19 ans et 20-43 ans respectivement, p
  • Si le risque global s’est révélé similaire entre les deux sexes, il était cependant plus prononcé chez les femmes nées avant terme si l’on considérait uniquement le risque à l’âge adulte.