Journée mondiale du Sida : bilan du dépistage du VIH et des autres IST


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Le nombre de sérologies VIH réalisées a progressé depuis 2013, tandis que le nombre de séropositivité a diminué
  • Si une diminution du nombre de séropositivité est observée parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) nés en France, ou chez les hétérosexuel.le.s, les HSH nés à l’étranger et les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger ne bénéficient pas de cette dynamique. De plus, une part non négligeable de la population, dont les plus exposés, n’ont jamais pratiqué de test, ou rarement.

 

Augmentation du nombre de tests réalisés, baisse des chiffres d’incidence, augmentation de la part des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) réalisant régulièrement des tests de dépistage... Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) 31-32 du 26 novembre 2019 souligne l’importance des progrès réalisés au niveau national en termes de dépistage et de prévention de l’infection par le VIH et des autres infections sexuellement transmissibles (IST).

L’éditorial du numéro, rédigé par Valérie Delpech (Public Health England, Royaume-Uni), souligne le succès lié à la prévention combinée qui est mise en place dans des villes comme Paris et qui permet d’observer une diminution des chiffres d’incidence malgré l’augmentation du nombre de tests réalisés. Ainsi, 5,80 millions de tests ont été effectués en France en 2018 par les laboratoires d'analyses, soit 11% de plus qu’en 2013, tandis que le taux de positivité était en baisse (1,9/1.000 tests, soit -13% depuis 2013). Cela revenait à un diagnostic pour près de 6.200 sujets, (-7% en 2018 vs 2017) parmi lesquels 52% n’avaient jamais été testés pour le VIH auparavant. 

Mais ce numéro évoque ainsi les points d’achoppement spécifiques à la France : un tiers des HSH et la moitié des hétérosexuels diagnostiqués pour une infection à VIH n’ont jamais été testés auparavant… et si 9 français sur dix estiment, selon le questionnaire Baromètre Santé, qu’il faut être testé pour le VIH au moins une fois au cours de sa vie, la moitié des hommes, un tiers des femmes, tout comme 20% des sujets nés à l’étranger et 20 % des HSH n’avaient jamais réalisé le test.

Ainsi, si la prévention combinée mise en place en France semble porter ses fruits comme dans d’autres pays, il est nécessaire de transformer l’essai pour l’ensemble des personnes concernées : le défi « est de n’oublier personne, quels que soient son sexe, sa sexualité, son lieu de vie et son pays de naissance » insiste l’auteure en conclusion…