Journée mondiale de lutte contre la tuberculose : où en est-on en France ?

  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • En France, globalement, l’incidence de la tuberculose diminue depuis 20 ans
  • A Paris, une augmentation de l’incidence est observée depuis 2016. Elle est principalement due à une augmentation du nombre de cas de tuberculose chez des jeunes migrants récemment arrivés en France et vivant, pour une partie d’entre eux, dans des conditions précaires
  • Globalement, le nombre de cas de tuberculose chez les plus jeunes ne cesse de diminuer, et ce malgré l’arrêt de l’obligation vaccinale par le BCG décidé en 2007
  • Les enfants résidant en Ile-de-France sont considérés comme étant exposés à un risque élevé de tuberculose, il est donc recommandé de les vacciner
  • Le vaccin BCG SSI® n’étant actuellement plus disponible, l’ANSM a mis en place une procédure d’importation

 

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée chaque année le 24 mars, est l’occasion de faire le point sur la situation en France concernant cette infection.

Dans notre pays, l’incidence de la tuberculose diminue depuis 20 ans. Avec 7,2 cas de tuberculose déclarés pour 100 000 habitants, la France se situe dans la moyenne des pays de l’Europe de l’Ouest. Cependant, tant que le problème ne sera pas résolu dans les pays à forte prévalence, une très grande vigilance est toujours nécessaire car les cas importés représentent la majorité des cas déclarés. Ceci permet notamment d’expliquer pourquoi, en 2016, une augmentation de 15% de l’incidence de la tuberculose a été constatée à Paris. Le nombre de cas est ainsi passé de 323 en 2015 à 372 en 2016 et cette tendance s’est confirmée en 2017 avec 403 cas. Cette situation est principalement due à une augmentation du nombre de cas de tuberculose chez des personnes originaires d’Afrique subsaharienne, principalement des hommes jeunes primo-migrants, récemment arrivés en France et vivant, pour une partie d’entre eux, dans des conditions précaires.

Même si ce sont les populations les plus précaires qui payent le plus lourd tribut, la tuberculose peut concerner toutes les populations, comme l’illustre la mini-épidémie récente dans un lycée des Pyrénées-Atlantiques où 13 cas de tuberculose maladie (TM) et 218 infections tuberculeuses latentes (ITL) ont été diagnostiqués en 2016-2017.

Il est important de noter que globalement, le nombre de cas de tuberculose chez les plus jeunes (moins de 12 ans) ne cesse de diminuer, et ce malgré l’arrêt de l’obligation vaccinale par le BCG décidé en 2007. Il n’y a donc pas lieu, pour l’instant, de remettre en cause cette politique de santé publique. La vaccination par le BCG n’est plus obligatoire et ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité mais elle reste fortement recommandée pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou dans leur environnement. Ceci concerne notamment les enfants résidant en Ile-de-France.

Le vaccin BCG SSI® n’étant actuellement plus disponible, l’ANSM a mis en place une procédure d’importation afin d’assurer la mise à disposition de vaccin contre la tuberculose en France. Le vaccin utilisé est le vaccin Biomed® Lublin.

La maitrise de la tuberculose nécessite l’identification rapide des cas et leur prise en charge précoce par un traitement antituberculeux adéquat et complet, permettant de guérir le patient, de limiter la transmission du bacille dans la communauté et d’éviter le développement de la résistance aux antituberculeux.