JNMG — Régimes végétaliens chez l’enfant et l’adolescent : quels risques ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les végétaliens éliminent tout produit d’origine animale dans leur alimentation : produits carnés, laitiers, de la mer, œufs et miel. Enfants et adolescents, ils s’exposent à plusieurs carences.

Protéines / énergie

Les produits animaux sont remplacés par des jus végétaux (riz, soja, amande, noisette) dont les teneurs en protéines et l’apport énergétique sont pour la plupart très inférieurs. Cependant chez les adolescents, si les apports protéiques sont inférieurs à ceux de leurs pairs non végétaliens, ils répondent aux références nationales pour la population (RNP). De plus, leur consommation de végétaux et céréales variés leur permet de recevoir tous les acides aminés essentiels.

Fer

L’absorption du fer héminique (viandes, abats, poissons) est bien supérieure à celle du fer non héminique (lait, œufs, végétaux). À titre de comparaison, 1 mg de fer absorbé est apporté par 130 g de bœuf et 1,3 kg d’épinards cuits. Un adolescent a besoin quotidiennement de 1,1 mg (7-11 ans) à 2,4 mg (12-17 ans pour les filles) de fer… Cependant, la littérature montre des résultats discordants sur l’existence de carences martiales dans cette population, sans doute du fait d’un polymorphisme génétique permettant à certains de mieux l’absorber.

Calcium / vitamine D

Aucune étude n’a démontré d’augmentation du risque fracturaire chez les enfants végétaliens (malgré une DMO plus basse), en revanche, elle existe tout au long de la vie ensuite. Il est important de supplémenter enfants et adolescents végétaliens en vitamine D (une dose de charge trimestrielle).

Vitamine B12

La supplémentation est impérative : son apport est nul chez les végétaliens, les exposants à des risques majeurs (neurologiques, hématologiques, cognitifs, troubles de la croissance). 

DHA

Ses taux sont nettement inférieurs chez les végétaliens : elle est essentiellement apportée par les poissons gras. Il existe une supplémentation possible par certaines algues.

En pratique

  • Un régime végétalien est déconseillé chez l’enfant et l’adolescent. S’il est réalisé, un encadrement diététique est indispensable, avec notamment une supplémentation en vitamines B12 et D et en calcium.
  • Il expose à un risque vital chez le nourrisson de moins d’un an. Le lait maternel et les laits maternisés le préviennent.