JNLF : Natalizumab dans la sclérose en plaques : 10 ans de recul

  • Dr Christian Geny

  • JIM Actualités des congrès
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Le natalizumab a représenté un moment important dans le développement des traitements de la sclérose en plaques. Il s'agissait du premier anticorps monoclonal qui ciblait une étape précise du processus pathologique : l'adhésion vasculaire des lymphocytes. Cette approche a été fructueuse avec une telle diminution du nombre des poussées que l'on a pu parler de rémission, une première dans cette maladie chronique et inflammatoire.

Malheureusement, cet enthousiasme a été tempéré par l'émergence de leuco-encéphalopathie multifocale progressive à virus JC, complication redoutable souvent fatale. Les experts et les industriels impliqués ont rapidement réagi avec, dans un premier temps, un plan rigoureux de gestion des risques, puis la mise au point de biomarqueurs. Cette attitude a permis à de nombreux patients de continuer à bénéficier de ce traitement. Aux JNLF de Lille ont été présentés les résultats des 10 ans d'expérience internationale avec ce produit.

Au total, 6 148 patients avec une médiane d'exposition de 68 mois ont été inclus dans cette étude. 32,4 % des patients avaient des anticorps anti virus JC avant l'initiation du traitement. L'EDSS moyen était de 3,5 et la durée moyenne d'évolution était de 7,8 ans. L'analyse confirme une efficacité importante du produit avec une réduction de 89,8-94,3 % du nombre de poussées par rapport à l'année antérieure à l'initiation, une stabilité du handicap moteur, voire une amélioration (23,4 %). Les incidences d'infections opportunistes (n = 71), de leucoencéphalopathie multifocale progressive (n = 52) et de néoplasie (n = 59) étaient similaires à celles rapportées dans les études précédentes et étaient globalement estimées à 0,002-0,003 par année patient. La plus grande incidence de LEMP a été observée entre 2009 et 2013, puis a progressivement décru. Cette diminution des risques correspondait à la mise en place de nouveaux critères de stratification du risque. L'ensemble de ces données est utile à connaitre pour le praticien avant de choisir un traitement de seconde ligne.