JESFC : Facteurs de risque cardiovasculaire : quelle prévalence en France ?

  • Dr Philippe Tellier

  • JIM Actualités des congrès
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La prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire au sein de la population française est mal documentée et la remarque vaut autant pour les chiffres actuels que pour leur évolution récente. D'où l'intérêt de ces deux études nationales portant sur des adultes (18-74 ans), respectivement ENNS-2006 et Esteban-2015, qui permettent de dresser un constat critique. L'hypertension artérielle était définie par une pression artérielle > 140-90 mmHg et l'hypercholestérolémie par un LDL-chol > 1,6 g/L ou la prise d'un traitement anticholestérolémiant. En 2015, la prévalence de l'obésité et des surcharges pondérales a été estimée à 54 % chez les hommes et à 44 % chez les femmes. Les chiffres ont été les suivants pour les autres facteurs de risque : (1) tabagisme : 33 % et 25 % ; (2) diabète traité : 5,4 % et 1,3 % ; (3) hypertension artérielle : 36 % et 30 % ; (4) dyslipidémie significative (LDL-cholestérol > 1,60 g/l) : 25 % et 24 % ; (5) activité physique suffisante selon les critères de l'OMS : 53 % et 70 %.

Par rapport à 2010, dans le sexe masculin, les chiffres sont restés stables. Il en a été autrement dans le sexe féminin : (1) la prévalence du tabagisme et des surcharges pondérales (incluant l'obésité) a augmenté dans la tranche d'âge 40-54 ans ; (2) le niveau moyen de la PA systolique au-dessous de l'âge de 64 ans a augmenté ; (3) le niveau d'activité physique a diminué à tous les âges.

Dans les deux sexes, la prévalence de l'hypercholestérolémie a diminué (du fait d'une moindre proportion de patients traités par les statines), mais les taux plasmatiques moyens de LDL-C sont restés stables entre 2006 et 2015.

En bref, la prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire reste élevée en 2015, mais stable dans le sexe masculin, alors que, dans le sexe féminin, l'évolution est plus défavorable.