JDP : Les traumatismes, un facteur de risque de mélanome ?

  • Dr Marie-Line Barbet

  • JIM Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les traumatismes peuvent-ils favoriser la survenue de mélanomes ? La question est régulièrement posée par les patients qui s'attirent habituellement alors une réponse négative, ce facteur n'étant pas reconnu comme participant à l'étiologie de ces tumeurs. Pourtant deux études ont suggéré que sur des zones peu ou non photo exposées, telles que paumes, ongles et plantes (POP), la pression et le stress mécanique pouvaient jouer un rôle.

Dans ce contexte, une équipe de Reims a entrepris une étude cas témoin à partir des 2 111 cas de mélanomes enregistrés entre 2004 et 2014 dans l'observatoire du mélanome de Champagne-Ardenne. Parmi ceux-ci 156 (107 femmes, 49 hommes) siégeaient sur les extrémités, dont 86 sur les POP et 70 en dehors, généralement sur les faces dorsales des pieds et des mains. Les mélanomes des POP touchaient principalement les plantes (n = 47 dont 42 sur les zones de pression forte c'est-à-dire appui plantaire antérieur et talon) et la face plantaire des gros orteils (n = 9) ; on notait également 26 tumeurs sous unguéales (13 aux pieds dont 11 au niveau du gros orteil, et 13 aux mains dont 9 au niveau du pouce) ; enfin, il y avait deux mélanomes palmaires et deux mélanomes sur la face palmaire de doigts.
Des antécédents de traumatismes ont été retrouvés pour 73 % des tumeurs « POP » contre 17 % du groupe non POP : traumatismes aigus (fractures, plaies pénétrantes brûlure) pour 12 % vs 6 % des cas ou traumatismes répétés (frottements, traumatismes liés aux chaussures) pour 53 % vs 7 %.

Ces données, malheureusement rétrospectives, laissent tout de même penser que les traumatismes ne sont pas innocents dans l'apparition de mélanomes notamment sous unguéaux et dans les zones palmoplantaires soumises à de plus fortes pressions (zones d'appui, gros orteil, pouce). Identifiable là où l'impact des UV est forcément faible, c'est-à-dire les POP, il n'est peut-être pas impossible que le rôle des traumatismes s'exerce aussi dans les autres régions du corps.