iSGLT2 : impact sur la captation du glucose et sur les graisses hépatiques

  • Latva-Rasku A & al.
  • Diabetes Care
  • 18 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude a évalué l’impact de la dapagliflozine sur la sensibilité à l’insuline de certains tissus et sur la répartition de certaines graisses, notamment au niveau hépatique, chez des sujets diabétiques de type 2 (DT2) obèses. Les résultats suggèrent que si la captation du glucose n’est pas significativement modifiée sous iSGLT2 par rapport au placebo, la dapagliflozine aurait un effet bénéfique sur les taux de graisses hépatiques, sous cutanées et viscérales, ainsi que sur les marqueurs biologiques du risque cardiovasculaire (proNBP et IL-6).

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La dapagliflozine est un inhibiteur du cotransporteur rénal de sodium-glucose de type 2 (iSGLT2). Il a reçu une AMM pour le traitement des patients diabétiques de type 2. Cette classe, largement utilisée dans de nombreux pays à travers le monde, est toujours en attente de son prix en France. De précédentes données ont suggéré que l’inhibition du SGLT2 augmenterait la captation du glucose par les tissus stimulés par l’insuline, et principalement le muscle. Des données récentes ont également suggéré une diminution des taux de graisses hépatiques sous iSGLT2 chez des individus obèses, diabétiques de type 2 et ayant une stéatopathie métabolique (NAFLD, non alcoholic fatty liver disease). Cette étude a évalué ces deux éléments en considérant plus largement plusieurs types de tissus afin d’apporter une vision élargie.

Méthodologie

Cette étude « pilote » randomisée, en groupes parallèles, en double aveugle, contrôlée versus placebo, a évalué chez des DT2 obèses la sensibilité tissulaire à l’insuline (mesurée par tomographie par émission de positrons-PET et florodéoxyglucose 18F) après 8 semaines de traitement par 10 mg/jour de dapagliflozine ou par un placebo. L’objectif était de déterminer si certains tissus contribuaient plus particulièrement à l’augmentation de la sensibilité globale à l’insuline. Un second objectif consistait à mesurer par IRM la densité de graisses au niveau hépatique, viscéral et du tissu sous-cutané abdominal.

Principaux résultats

Au total, cette étude a porté sur 49 patients, tous étaient traités par metformine, et neuf (60%) du groupe dapagliflozine et sept (44%) du groupe placebo étaient également sous sitagliptine. Les résultats de ce travail contredisent ceux de précédentes études. 

  • Par rapport au placebo, le traitement par dapagliflozine ne modifierait pas la sensibilité à l’insuline sur le corps entier, ni spécifiquement au niveau musculaire (mesurée par PET). 
  • Aucune modification de la captation de glucose par les autres tissus (foie, myocarde, tissus sous-cutané, viscéral et graisse brune au niveau abdominale) n’a été mise en évidence non plus.
  • En revanche, les résultats suggèrent une diminution significative des graisses hépatiques après 8 semaines de traitement par dapagliflozine, ce qui serait cohérent avec la réduction du poids et des graisses viscérales mise en évidence par d’autres travaux.
  • Les analyses montrent l’absence de modification de l’utilisation du glucose par le myocarde sous dapagliflozine. Les réductions significatives des concentrations en NT-proBNP et la diminution des taux d’IL-6 constatées sous iSGLT2 seraient en faveur des effets cardioprotecteurs démontrés notamment avec un autre iSGLT2 (l’empagliflozine, étude EMPA-REG OUTCOME). 

Principales limitations

Les auteurs mettent en garde sur les comparaisons avec d’autres études antérieures car les méthodologies ne sont pas forcément homogènes, et la sévérité de l’insulino-résistance et de la stéatose hépatique pouvaient différer entre les populations évaluées.