ISGLT2, iDPP4 et événements cardiovasculaires majeurs

  • Pasternak B & al.
  • BMJ
  • 29 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude scandinave de registre menée entre 2013 et 2016 a évalué l’initiation d’un inhibiteur du SGLT2 ou d’un inhibiteur de la dipeptidyl peptidase (iDPP4) sur la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs (IDM, AVC, mortalité cardiovasculaire). Cette étude montre une diminution significative de 34% du risque d’insuffisance cardiaque (co-critère principal d’évaluation) chez les sujets ayant initié un iSGLT2 par rapport à ceux ayant initié un iDPP4. En revanche, les deux classes de traitement se sont révélées similaires sur les risques de survenue d’un événement cardiovasculaire majeur (co-critère principal d’évaluation). Initier un iSGLT2 plutôt qu’un iDPP4 permettrait également de diminuer le risque de mortalité toutes causes de 20%. Ces résultats ont été retrouvés en sous-groupes chez les patients avec ou sans antécédent d’évènement cardiovasculaire majeur.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Cette étude vient compléter les nombreuses données publiées récemment concernant les iSGLT2 et leur impact sur le risque d’événement cardiovasculaire (CV) majeur chez les sujets diabétiques de type 2 ayant une maladie CV établie ou à haut risque. Elle apporte une vision intéressante en lien avec la pratique clinique. Elle a inclus 81% de sujets sans antécédent d’événement cardiovasculaire majeur et montre des résultats similaires que les patients aient ou non ce profil.

Principaux résultats

Au total, 20.983 patients en initiation de traitement par un iSGLT2 et 20.983 par un iDPP-4 ont été inclus. Ils ont été appariés (1:1) sur l’âge, le sexe et les antécédents d’événements CV majeurs. L’âge moyen de la cohorte était de 61 ans, 60% étaient des hommes, 19% avaient des antécédents d’événements CV majeurs et 6% des antécédents d’insuffisance cardiaque.

Dans le groupe traité par inhibiteurs des SGLT2, 83% avaient initié de la dapagliflozine, 16% de l’empagliflozine et 1% de la canagliflozine. 

Sur l’ensemble de la cohorte et durant le suivi moyen de 1,4 ans sous iSGLT2 et 1,7 ans sous iDPP4, l’incidence des événements CV majeurs (critère principal d’évaluation) était de 17,0 événements/1.000 personnes-années sous iSGLT2 et de 18.0 événements/1.000 personnes-années sous iDPP4. L’incidence de l’insuffisance cardiaque était respectivement de 4,7 et 7,1/1.000 personnes-années. Si le risque d’événements CV majeurs ne s’est pas révélé différent entre les deux groupes, le risque d’insuffisance cardiaque était diminué de 34% dans le groupe traité par iSGLT2 versus le groupe traité par iDPP4.

Les analyses en sous-groupes ont montré des résultats cohérents avec ceux-ci, que ce soit chez les sujets avec ou sans antécédents CV majeurs ou avec ou sans insuffisance cardiaque. Pour les critères secondaires d’évaluation, les risques de survenue d’un IDM, d’un AVC, ou du décès d’origine cardiaque n’étaient pas différents entre les deux groupes. En revanche, la mortalité toutes causes confondues était inférieure chez ceux qui avaient initié un traitement par iSGLT2.

Principales limitations

Il s’agit d’une étude observationnelle, donc des facteurs confondants peuvent persister.

Financements

Swedish Heart-Lung Foundation, Novo Nordisk Foundation, Swedish Society for Medical Research.