IRM et Alzheimer : une nouvelle approche


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales

Actuellement, l’IRM (imagerie par résonnance magnétique) permet de poser un diagnostic d’Alzheimer chez environ 80% des patients atteints. L’examen s’appuie sur la mesure de l’épaisseur du cortex cérébral et du volume de certaines structures cérébrales (notamment l’hippocampe), ainsi que sur la détection d’anomalies dans d’autres localisations (amygdale, par exemple). Publié dans Neurobiology of Aging , le travail d’une équipe associant l’INSERM (Lille), l’Université de Paris et le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) propose d’amener ce pourcentage à 91% en mesurant la largeur des sillons corticaux et l’épaisseur du cortex qui les entoure dans certaines zones cérébrales.

Méthode 

Pour cela, l’équipe a recruté 51 patients chez qui une maladie d’Alzheimer avait été diagnostiquée (32 à un stade modéré – mild – , 19 à un stade moyen à sévère) par PET-scan et détection de biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien et 29 patients contrôles indemnes de la maladie (après vérification par PET-scan, IRM et examens cliniques répétés). Les données de l’examen ont ensuite été traitées par le logiciel Morphologist (développé par le Centre de neuroimagerie du CEA), qui permet de créer un « moule » en négatif du cerveau et a identifié dans 18 régions cérébrales la valeur moyenne de la largeur de chaque sillon et de l’épaisseur du cortex les bordant. Les mesures habituelles obtenues par IRM ont également été effectuées. Enfin, un algorithme a corrélé l’état de santé de chaque patient avec les résultats obtenus.

Résultats

Les chercheurs ont constaté l’existence de corrélations significatives entre l’augmentation de la largeur de certains sillons corticaux (en particulier les lobes frontaux et temporaux) et la diminution de l’épaisseur du cortex adjacent avec l’évaluation des fonctions cognitives. De plus, la gravité de la détérioration de ces dernières était corrélée avec l’importance des anomalies mesurées. En revanche, il n’y avait aucune corrélation avec la présence de dépôts amyloïdes. Cette méthode permettait de diagnostiquer 91% des patients atteints d’Alzheimer alors que les mesures habituelles n’en identifient que 80%.

Perspectives

Pour les chercheurs, cette technique devrait permettre de mieux évaluer les performances cognitives des patients, d’autant qu’elle ne nécessite qu’un seul examen par IRM et que l’analyse automatisée par logiciel peut être réalisée dans de nombreux centres de soins. En outre, elle pourrait être très utile pour évaluer l’efficacité de médicaments candidats pour traiter la maladie d’Alzheimer. Enfin, les chercheurs espèrent qu’elle pourrait identifier des « signatures » spécifiques d’autres maladies neurodégénératives.