IPP et risque de démence : une méta-analyse actualise le sujet

  • Ahn N & al.
  • Br J Clin Pharmacol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une revue systématique et méta-analyse, il n’existe pas d’association claire entre l'utilisation d’un inhibiteur de la pompe à proton (IPP) et le risque de démence.
  • Cependant, l’hétérogénéité des données ne permet pas d’exclure formellement le risque. De nouvelles études sur le sujet sont attendues pour disposer de données plus fiables.

Pourquoi est-ce important ?

Si l'utilisation des IPP a été associée à un risque de démence par certaines études observationnelles, aucune étude ne permet pour l’heure de confirmer formellement ce lien. Deux méta-analyses ont aussi été menées sur le sujet, mais ont conduit à des résultats contradictoires, l’une ne trouvant aucune association, l’autre suggérant un hazard ratio de 1,29, mais leur hétérogénéité méthodologique ne permet pas toujours de les inclure dans une même méta-analyse. Par ailleurs, une nouvelle étude observationnelle très large a été publiée et a fait état d'un risque accru de démence associé à l'utilisation des IPP. Il était donc intéressant de conduire une nouvelle méta-analyse permettant d’inclure l’ensemble de ces publications.

Méthodologie

Cette revue systématique et méta-analyse a identifié toutes les études prospectives rapportant un risque de démence (maladie d’Alzheimer ou toutes démences confondues) lié à la prise d'IPP (par rapport à une non-exposition ou à la prise d’anti-histaminiques H2), et qui ont été publiées jusqu'en février 2022.

Les auteurs ont conduit des conversions analytiques des odds ratios et des hazard ratios rapportés dans cette littérature en risque relatif afin d’avoir une appréhension exhaustive des données dans la même analyse.

Principaux résultats

Parmi les 14 études recensées, 8 études ont permis d’évaluer le risque de démence global et 5 le risque spécifique de maladie d'Alzheimer. Au total, 3.302.778 sujets ont été inclus dans l’analyse, parmi lesquels 839.940 utilisateurs d'IPP. Un diagnostic de démence a été posé chez 6,2% d’entre eux.

Aucune association n’est apparue entre la prise d'IPP et la survenue d’une démence par rapport à la non-prise d'IPP (RR= 1,16 [1,00-1,35]). Les auteurs ont estimé que 61,6% et 42,0% des études incluses auraient eu un RR supérieur à 1,1 et 1,2 tandis que 20,1% auraient eu un RR <1,0. Il existait une hétérogénéité significative et un biais lié à l’intégration de petites études qui était également important.