IPP et anticoagulants : réduction des évènements hémorragiques chez les patients à risque

  • Ray WA & al.
  • JAMA
  • 4 déc. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude rétrospective de large envergure, les IPP peuvent réduire d’un tiers environ la fréquence des hospitalisations pour hémorragies digestives hautes (HDH) chez des sujets traités par anticoagulants. L’amplitude de cette protection dépendrait du risque hémorragique initial et du type d’anticoagulant prescrit.

  • Cette étude confirme également que, sans prescription associée d’IPP, l’incidence des hospitalisations pour hémorragie digestive haute varie selon les molécules, avec un risque accru sous rivaroxaban et un risque réduit sous apixaban.

  • In fine, cette étude invite à évaluer correctement le risque hémorragique initial des patients nécessitant une anticoagulation, au vu de leur profil clinique et des traitements suivis, et d’évaluer le bénéfice-risque de l’anticoagulant choisi au regard de ce risque.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le risque d’HDH est accru avec les anticoagulants oraux par rapport aux AVK. Par ailleurs, les données observationnelles suggèrent une différence en termes de risque hémorragique selon la nature de l’ACO utilisé. Si certaines études ont décrit que les IPP permettaient de réduire le risque d’HDH lorsqu’il est associé au dabigatran ou à la warfarine, aucune ne s’est pour l’heure intéressée à la façon dont la coprescription d’IPP et d’ACO peut modifier la survenue de tels évènements, notamment chez des sujets à haut risque.

Méthodologie

Il s’agissait d’une étude rétrospective conduite à partir des bénéficiaires Medicare entre janvier 2011 et septembre 2015.

Principaux résultats

  • Au total, 1.643.123 patients ayant présenté 1.713.183 épisodes de traitement anticoagulant ont été identifiés dans la base de santé. L’âge moyen était de 76,4 ans et 56,1% de la cohorte était constituée de femmes.

  • Les données de 754.389 personnes-années traitées par anticoagulant seul ont été comparées à celles de 264.447 recevant des IPP parallèlement au traitement par anticoagulant. Ce groupe présentait une prévalence plus élevée de facteurs de risque hémorragique (traitements à risque, antécédents de saignements ou d’anticoagulant…).

  • L'incidence ajustée des hospitalisations pour HDH était de 115 pour 10.000 personnes-années en l’absence d’IPP contre 76 pour 10.000 en cas de coprescription, soit un rapport du taux d’incidence de 0,66 [0,62-0,69].

  • Dans le groupe des sujets n’ayant pas reçu d’IPP, l’incidence des hospitalisations pour HDH était supérieure pour le rivaroxaban par rapport à l’apixaban, au dabigatran ou à la warfarine (144/10.000 personnes-années contre 73, 120 et 113). À l’inverse, l’incidence sous apixaban était significativement inférieure à celle relevée sous dabigatran ou sous warfarine (rapport des taux d’incidence de 0,61 et 0,64 respectivement).

  • La réduction du risque d’évènements par les IPP est différente selon la nature de l’anticoagulant prescrit et selon la valeur initiale du score de risque hémorragique.

Principales limitations

Des erreurs sur la nature des traitements prescrits peuvent exister dans la base de données, et des facteurs de risque potentiels de confusion ont pu échapper à l’analyse.