Intoxication au plomb : un guide pour le dépistage et la prise en charge

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Destiné aux professionnels de santé, notamment les médecins généralistes, il tient compte des études scientifiques et médicales les plus récentes.

Le plomb biologiquement actif est présent essentiellement dans les tissus mous (5 à 10% du total) et augmente pendant la grossesse et l'allaitement. Le métal franchit facilement la barrière placentaire. Il est éliminé principalement par les urines, mais la décroissance de la plombémie est lente (demi-vie de 30 à 40 jours, mais supérieure à 10 ans après quelques mois).

Chez le jeune enfant, les effets sont surtout neurologiques : altérations cognitives (persistant à l'âge adulte), troubles de l'attention, augmentation des risques de comportements délictueux ou antisociaux. Il existe une corrélation inverse et sans seuil entre la plombémie et certaines performances cognitives. Ainsi, dès 12 µg/L, un point de QI est perdu.

Chez la femme enceinte, les études épidémiologiques ont mis en évidence un risque augmenté d'avortement ou d'accouchement prématuré et, même lorsque la plombémie est inférieure à 50 µg/L, de retard de croissance intra-utérin, de petit poids à la naissance et de troubles cognitifs chez l'enfant.

Le plomb étant présent naturellement dans l'environnement, toute la population y est donc plus ou moins exposée, par l'alimentation, les contacts main-bouche, le tabagisme, actif ou passif. Mais certaines personnes peuvent être  sur-exposées en cas d’activité professionnelle ou de cadre de vie spécifiques : peintures anciennes (dans le logement ou dans les parties communes d'un immeuble), eau du robinet, cosmétiques ou remèdes traditionnels, certains ustensiles de cuisine, tabagisme, exercice de certains métiers (bâtiment, travaux publics, soudure, …), etc.

Conduite à tenir en cas de suspicion de risque de saturnisme

Le HCSP propose un questionnaire d'identification des facteurs environnementaux d'exposition au plomb (pour un enfant de moins de 6 ans) à remplir avec lses parents. Si la réponse à une des questions est positive, le médecin fera pratiquer une plombémie, surtout si l'enfant présente des troubles cognitifs, comportementaux ou neurologiques, ou une anémie résistant à un traitement martial bien conduit.

La prise en charge et le bilan des complications se fait en service hospitalier pédiatrique dans le mois suivant la mise en évidence d’une plombémie ≥ 250 µg/L et en cas de complication identifiée, dans les jours suivants celle d’une plombémie ≥ 400 µg/L et immédiatement à partir de 700 µg/L. La soustraction de l'enfant à la source de l'intoxication est la mesure fondamentale dans tous les cas. La chélation se discute et se pratique en milieu hospitalier.

Chez les jeunes gens en apprentissage ou en emploi, il faudra vérifier le respect de la réglementation sur les expositions au plomb, au besoin avec l'aide du médecin du travail.

Pour les femmes enceintes, le HCSP propose également un questionnaire de repérage des expositions au plomb. L'Assurance maladie rembourse intégralement les plombémies et les consultations de dépistage et de suivi de l'intoxication par le plomb. Le médecin veillera à ce que l'apport calcique soit suffisant (2 g par jour). L'exposition professionnelle au plomb est interdite pour les femmes enceintes et allaitantes.

Les médecins généralistes sont responsables, entre autres tâches, de la proposition du premier dépistage, du renseignement de la fiche Cerfa pour toute prescription de plombémie (avec envoi d'une copie au centre anti-poison et à l'ARS si la plombémie est ≥ à 50 µg/L), de la déclaration obligatoire, de la demande d'affection longue durée hors liste et de la communication avec les autres acteurs. Ils sont plus particulièrement concernés par les fiches C,D, E, F, G, H, I, L, M, N, O et P de ces recommandations.