Intolérance au gluten : l’essentiel des recommandations européennes

  • Vincent Richeux

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales par Medscape
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Paris, France Au cours d’une session virtuelle des Journées francophones d'hépato-gastroentérologie et d'oncologie digestive (eJFHOD 2020), le Pr Christophe Cellier (Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris) a présenté les grandes lignes des dernières recommandations européennes sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie coeliaque et autres troubles liés au gluten chez l’enfant et l’adulte [1].

Publiées dans United European Gastroenterology Journal, ces recommandations ont été émises par la Société européenne pour l’étude de la maladie coeliaque (ESSCD)[2]. Elles concernent la maladie coeliaque, ses manifestations atypiques (dermatite herpétiforme, ataxie au gluten…), ainsi que l’hypersensibilité au gluten non coeliaque (SNCG).

La maladie coeliaque ou intolérance au gluten est une maladie intestinale chronique auto-immune, qui survient chez des personnes génétiquement prédisposées. Le système immunitaire réagit à la présence de gliadine, une protéine composant le gluten, ce qui induit une inflammation, une prolifération des lymphocytes T intra-épithéliaux et une atrophie villositaire au niveau de l’intestin grêle.

Diagnostic tardif

L’intolérance au gluten est à distinguer de la SNCG, semble-t-il plus commune. Les manifestations digestives sont similaires, mais les causes restent inconnues (voir encadré). « Le diagnostic se fait par exclusion », notamment de la maladie coeliaque, a souligné le Pr Cellier, co-auteur des recommandations.

En Europe, l’intolérance au gluten toucherait entre 0,5 et 2% de la population. Contrairement à l’allergie alimentaire, qui induit des symptômes immédiatement après l’ingestion de l’aliment, elle apparait de manière progressive et passe souvent inaperçue. Chez l’adulte, elle est ainsi diagnostiquée en moyenne dix ans après les premiers symptômes.

Cette entéropathie auto-immune, auparavant considérée comme une maladie infantile rare, s’avère finalement assez fréquente, a commenté le Pr Cellier. « On l’observe dans tous les pays, excepté au Japon, certainement en raison d’une absence de prédisposition génétique. Les prévalences sont plus élevées en Europe, aux Etats-Unis ou dans les pays du Maghreb. »

Diarrhée, carence en vitamine, aphtes…

« Les symptômes sont extrêmement variables, ce qui rend le diagnostic difficile », a souligné le gastro-entérologue. «Il faut évoquer la maladie coeliaque, non seulement devant les symptômes caractéristiques, comme une diarrhée, une malabsorption ou des maux de ventre, mais aussi devant une anémie isolée, avec une carence en fer, en vitamine B12, une hypertransaminasémie ou encore des aphtoses buccales récidivantes. »

L’intolérance au gluten peut aussi être associée à une ostéoporose. « Une maladie coeliaque peut être recherchée en cas d’ostéoporose idiopathique surtout chez les sujets jeunes et les femmes en pré-ménopause ». La présence d’une maladie auto-immune comme un diabète de type 1, une thyroïdite auto-immune ou une dermatite herpétiforme doit également amener à envisager cette pathologie.

Suite de l'article sur MEDSCAPE