Intérêt du test SST-12 pour qualifier les troubles olfactifs liés au COVID-19

  • Vandersteen C & al.
  • Eur Arch Otorhinolaryngol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’article
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A retenir

  • L'identification des odeurs seule semble adaptée pour identifier un trouble olfactif post-COVID-19, l’utilisation d’un test de discrimination et de perception du seuil olfactif ne semble pas essentielle selon une petite étude française. 

  • Si cette étude est limitée par la taille de l’effectif recruté (qui pourrait souffrir d’un biais de sélection), elle suggère que le SST-12 (Sniffin’ Sticks test 12) peut être pertinent dans le dépistage des troubles olfactifs post-COVID-19, et en particulier de l'anosmie.

Le dépistage des troubles olfactifs dans le contexte de COVID-19 est important car il permet une prise en charge adaptée et la prévention de leurs conséquences à long terme (altération de la qualité de vie, mauvaises habitudes alimentaires, dépression anxiété ou anorexie...). Les troubles de l’odorat sont rapportés par une partie de la population infectée par SARS-CoV-2, mais seuls une minorité d’entre eux ont bénéficié d’une objectivation de ces troubles par des test ORL.

L’un des tests les plus fréquemment utilisés par les spécialistes est le Sniffin’ Sticks test (SST) qui propose une évaluation semi-objective de l’olfaction par 3 sous-tests (seuil, identification et discrimination de 16 odeurs) mais c’est un examen qui est long et difficile à utiliser en pratique clinique. Sa version courte (SST-12), fondée sur la seule capacité d’identification de 12 odeurs (menthe poivrée, orange, poisson, cuir, rose, clou de girofle, café, ananas, réglisse, citron, banane, cannelle) nécessite moins de 5 minutes. Les odeurs sont senties à l’aveugle par les patients qui doivent ensuite les identifier, sur la base d’une liste d’odeurs accompagnant chaque flacon. Le score global SST-12 permet de qualifier la normosmie (SST-12 ≥ 11), l’hyposmie (10 > SST-12 > 6) et l’anosmie (SST-12 ≤ 6).

Principaux résultats 

Une équipe niçoise a voulu évaluer l’efficacité et les spécificités de ces deux tests chez des patients qui avaient déclaré des troubles de l’odorat liés à un COVID-19 et avaient consulté le département ORL du CHU de Nice, soit 54 patients (5,4 mois en moyenne après l’infection, 23 hommes, 40 ans en moyenne).

Lors de la consultation, les patients ont déclaré en moyenne avoir récupéré 33,9% de leur olfaction depuis l’infection aiguë. La plupart déclaraient une altération de la rétro-olfaction seule (64,8%,), associée à celle du goût (22,2%, principalement sucré ou salé), ou celle du goût seul (1,8%). Aussi, ils étaient près de la moitié à déclarer avoir augmenté leur consommation de sel, et 1 sur 5 à déclarer l’augmentation de la consommation de sucre depuis l’infection. Ils déclaraient avoir souffert d'anosmie dans 90% des cas.

Selon les résultats du SST et du SST-12 réalisé pendant cette consultation, 24,1% et 14,8% des patients pouvaient respectivement être classés comme normosmiques, 53,7% et 48,1% comme hyposmiques et 22,2% et 37% comme anosmiques. Ceux qui avaient augmenté leur consommation de sel ou de sucre avaient des scores significativement inférieurs aux autres participants. Le SST-12 permettait de poser le même diagnostic que le SST dans 61% des cas, et tous les sujets anosmiques étaient identifiés par les deux tests.

Le score de récupération estimé par le patient était confirmé pour 45% et 52% des patients classés comme normosmiques selon SST ou SST-12, seulement pour 38 et 42% de ceux qui étaient classés comme hyposmiques et et 13% et 16% des patients anosmiques, respectivement.