Intérêt du nintedanib dans les pneumopathies interstitielles progressives

  • Flaherty KR & al.
  • N Engl J Med
  • 29 sept. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Chez les patients souffrant de pneumopathie interstitielle chronique progressive, le nintedanib a permis de ralentir l’évolution de la maladie, mesurée par le déclin de la capacité vitale forcée, par rapport à ceux qui recevaient un placebo.
  • Ce bénéfice évalué sur une période de 52 semaines a été observé de façon similaire chez les sujets souffrant de fibrose pulmonaire idiopathique et chez ceux souffrant d’autres types de pneumopathie interstitielle.
  • La qualité de vie n’a pas été modifiée de façon significative, mais les effets indésirables digestifs et hépatiques ont été plus nombreux dans le groupe nintedanib.

 

Le nintedanib est un inhibiteur intracellulaire de tyrosines kinases qui a déjà apporté la preuve de son intérêt pour réduire le taux annuel de déclin de la capacité vitale forcée (CVF) chez les patients souffrant de fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) ou de pneumopathies interstitielles associée à une sclérodermie systémique. L’essai INBUILD, dont les résultats sont récemment parus dans le New England of Medicine, a évalué l’efficacité et la sécurité de cette molécule chez des patients souffrant de formes progressives de pneumopathie interstitielle.

Observation de l’évolution de la capacité vitale forcée sur 52 semaines

Cet essai contrôlé de phase 3, réalisé dans 15 pays différents, a inclus des patients souffrant de pneumopathie interstitielle de différents types et montrant plus de 10% de la masse pulmonaire atteinte au scanner à haute résolution. Pour être inclus, ils devaient avoir eu une progression de leur pneumopathie interstitielle malgré le traitement au cours des deux dernières années, avoir une capacité vitale forcée (CVF) d’au moins 45% de la valeur prédite et une capacité de diffusion du monoxyde de carbone (diffusion alvéolo-capillaire des gaz, DLco) entre 30% et 80%. Ils ont été randomisés pour recevoir du nintedanib 150 mg 2 fois par jour par voie orale ou un placebo. Le déclin annuel de la CVF a ensuite été observé sur une période de 52 semaines en fonction du type de fibrose identifiée au scanner (pneumopathie interstitielle usuelle - PIU, correspondant à une fibrose pulmonaire idiopathique, ou autres pneumopathies interstitielles).

Un ralentissement du déclin de la fonction pulmonaire sous  nintedanib

Parmi les 663 patients randomisés, un taux annuel de déclin de la CVF de -80,8 mL/an a été observé dans le groupe nintedanib sur 52 semaines contre -187,8 mL/an dans le groupe placebo, soit une différence de 107,0 mL/an (p

Des effets indésirables digestifs et hépatiques plus fréquents 

Sur le plan de la sécurité, les effets indésirables (EI) et les EI graves sont apparus de façon similaire dans les deux groupes, mais les réductions de dose (33,1% vs 4,2%) et les arrêts de traitements prématurés (19,6% vs 10,3%) ont été plus fréquents sous nintedanib que sous placebo. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les diarrhées (66,9% dans le groupe nintedanib vs 23,9% dans le groupe placebo). Les EI hépatiques (élévation des enzymes hépatiques ALAT/ASAT, 13% vs 1,8%) étaient également plus fréquents dans le groupe nintedanib. La qualité de vie mesurée par le questionnaire K-BILD n’a été que peu modifiée dans les deux groupes.