Intérêt d'associer exercices et rééducation à la chirurgie dans l’incontinence urinaire mixte

  • Sung VW & al.
  • JAMA
  • 17 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon l’étude randomisée ESTEEM, associer des exercices du plancher pelvien et une rééducation comportementale à la prise en charge chirurgicale de l’incontinence urinaire mixte par pose de bandelettes sous-urétrales offre une efficacité supérieure à la chirurgie seule. Cependant, la différence observée entre les deux approches, si elle est statistiquement significative, reste inférieure à la différence minimale cliniquement importante pré-spécifiée par le protocole de l’étude.

La force de cette étude est d’avoir été menée dans des services expérimentés, ce qui permet de pallier à la difficulté d’intégrer une rééducation comportementale dans un essai randomisé. Étant donné l’ampleur de l’efficacité de l’approche chirurgicale prise isolément, il est possible de la préconiser chez les femmes présentant une incontinence urinaire mixte ne répondant pas aux traitements conservateurs. Reste que pour une partie d’entre elles, dont le profil reste à définir, la chirurgie sera insuffisante.

Méthodologie

L’étude randomisée ESTEEM ( Effects of Surgical Treatment Enhanced With Exercise for Mixed Urinary Incontinence ) est une étude randomisée qui a inclus les femmes de 21 ans ou plus présentant des symptômes d’incontinence urinaire mixte (à l’effort et urgenturie) depuis au moins 3 mois. Elles étaient randomisées entre la pose chirurgicale de bandelettes sous-urétrales seules (groupe chirurgie) ou associée à 6 visites formalisées visant à réaliser des exercices du plancher pelvien et mener une rééducation comportementale (réparties sur 6 mois, dont 5 en post-opératoires ; groupe combiné).

Le critère principal d’évaluation était l’évolution des symptômes d’incontinence sur 12 mois (échelle UDI : Urogenital Distress Inventory , croissant de 0 à 300 selon la sévérité des symptômes).

Principaux résultats

  • L’étude a inclus et randomisé 416 femmes (âge moyen 54,0 ans) entre les deux groupes de traitement. Elles présentaient en moyenne un nombre d’épisodes d’incontinence à l’effort ou d’urgence respectivement égal à 5,6 et 2,8 par jour.
  • À l’inclusion, le groupe chirurgie et le groupe combiné présentaient des scores UDI initiaux de 176,8 et de 178,0. Douze mois après la chirurgie, le score UDI était réduit à 34,5 points et 30,7 points soit une différence de variation moyenne intergroupe de -13,4 points en faveur de l’approche combinée ([-25,9 à -1,0], p=0,04) mais qui restait inférieur à la différence minimale cliniquement importante prédéfinie de 35.
  • En termes de tolérance, des événements indésirables graves, liés ou non au traitement, ont eu lieu chez 11,8% des patients du groupe chirurgie et chez 8,7% du groupe combiné.
  • À 12 mois, le groupe combiné avait moins souvent fait appel à un traitement pour des symptômes de l’appareil urinaire bas (8,5 vs 15,7% soit un odds ratio ajusté de 0,47 [0,26-0,85]), dont notamment des traitements pharmacologiques pour l’hyperactivité vésicale.