Interdira-t-on l’usage commercial des UV artificiels ?


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Les appareils de bronzage et leurs UV sont classés comme « cancérogènes certains » depuis 2009 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). En France, cela fait quatre ans que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) demande aux pouvoirs publics l'arrêt de « de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels ». Dans un communiqué dévoilé hier, ses experts réitèrent cette recommandation pour faire cesser les risques d'exposition de la population. Devant la progression fulgurante des cas de cancers de la peau, deux pays ont d'ores et déjà suivi ce chemin : le Brésil et l'Australie. La France sera-t-elle le prochain sur la liste ?

Le nombre de nouveaux cas de cancers cutanés a plus que triplé dans la période 1980-2005. Selon l'Institut national du cancer, 14 325 nouveaux cas de mélanomes ont été recensés en 2015 en France. La même année, ce cancer a provoqué 1 773 morts.

Le rapport de l'Anses rappelle que le risque de développer un mélanome pour les personnes ayant eu recours au bronzage artificiel au moins une fois avant l'âge de 35 ans est augmenté de 59 %. Et 43 % des cas de mélanome chez les jeunes peuvent être attribués à une utilisation des cabines avant 30 ans.

Depuis plusieurs années, l'encadrement de la pratique du bronzage artificiel s'est renforcé avec l'adoption de deux mesures majeures: l'interdiction de la publicité et de l'accès aux mineurs. Mais, en 2016, 63 % des 982 cabines contrôlées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes s'étaient révélées non conformes en raison de manquements à la sécurité ou de non-respect de la réglementation. Le rapport insiste, par ailleurs, sur le fait qu'aucune valeur limite d'irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs.

On dénombre actuellement plus de 12 500 appareils de bronzage répartis dans 4 500 établissements. Selon le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC), le secteur représente 22 000 emplois qui seraient menacés par une mesure d'interdiction.