Intelligence Artificielle et médecins : alliés ou concurrents ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’Intelligence Artificielle (IA) englobe des modèles mathématiques qui utilisent plusieurs algorithmes pour identifier les relations non linéaires complexes à partir de grands ensembles de données (Big Data). Plus l’ensemble des données est grand, plus il est facile pour les machines d’apprendre et donc de gagner en fiabilité. Malgré cela, la confiance dans les modèles prédictifs ne peut jamais atteindre les 100%, comme pour la pensée humaine, d'où l'intérêt d'une collaboration synergique.

Quelle est la place de l’IA en médecine aujourd’hui ?

  • Utilisée en médecine depuis les années 1990, l’IA permet par exemple, de diagnostiquer des infarctus du myocarde et de prédire la durée en unité de soins intensifs après une chirurgie cardiaque. Ses applications scientifiques sont également présentes en imagerie (radiologie, histologie), dans la recherche de molécules actives, ou encore dans la prédiction d’expression de mutations géniques, la détection et la classification plus précises de certaines.
  • Les analyses effectuées grâce à l’IA facilitent la pratique de la médecine, en particulier dans le contexte difficile des maladies chroniques avec atteintes multi-organiques, les évènements aigus et les maladies à progression lente. Et tout cela avec une spécificité et une sensibilité tout à fait honorables. À titre d’exemple, la détection de la rétinopathie modérée et de l’œdème maculaire par IA ,atteint une spécificité de 98% et une sensibilité entre 87 et 90% par rapport à des ophtalmologues. Elle offre ainsi la capacité d’améliorer la prise en charge des conséquences du diabète dans les territoires peu déservis.
  • L’IA peut également être une aide à l’optimisation des données médicales partagées en traitant des décennies de données structurées et non structurées (antécédents, données cliniques, biologiques, imagerie, traitements), en les compilant et en les connectant avec précision pour les rendre lisibles et conviviales aux cliniciens. Ainsi, l’IA pourrait prédire les trajectoires futures de maladies et de résultats médicaux, notamment pour les maladies qui représentent de lourdes charges pour la société (comme le diabète et la santé mentale).
  • Cependant, petit bémol, les Autorités de Santé Américaines ou Européennes ne sont pas encore équipées pour superviser l’insertion de l’IA dans la pratique médicale courante.
  • Espérons que l’intérêt du duo Intelligence Artificielle – Homme sera mis en avant, ne serait-ce que pour le maintien et le développement des relations humaines. Aujourd’hui, les facultés de médecine enseignent toujours l’utilisation du stéthoscope, un outil vieux de plusieurs siècles, d’abord parce qu’il révèle des informations diagnostiques utiles et parce qu’il favorise le contact physique. Une connexion à la fois humaniste et rassurante…

Questions qui restent encore en suspens :

- « L’IA peut-elle permettre de fournir des soins plus efficients tout en réduisant l’épuisement des professionnels de santé ? »

- « Est-ce que l’IA peut contribuer à améliorer la relation médecin-patient ou favorise-t-elle le désengagement ? »,

- « Est-ce que l’IA réduira le besoin de médecins et/ou réduira la rémunération des médecins ? »,

- « Les médecins utilisant l’IA risquent-ils de présenter une érosion de leurs compétences diagnostiques, de leur expertise clinique et/ou d’une pensée critique ? »,

- « Les étudiants et jeunes diplômés deviendront-ils des utilisateurs précoces de ces technologies, conduisant à l’expansion de l’IA dans le domaine médical ? »

- « Peut-elle conduire à se passer de la clinique ?».