Insulinothérapie en USI, le mieux serait l’ennemi du bien

L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. Inscrivez-vous gratuitement

Depuis la première étude menée à Louvain en Belgique (1) (non confirmée par de récentes études multicentriques qui notent soit une augmentation de l'incidence des hypoglycémies induites par un objectif de contrôle glycémique strict, soit une surmortalité à J90), et qui mettait en exergue une association entre contrôle glycémique strict et réduction de mortalité chez les patients chirurgicaux de réanimation, beaucoup d'insuline a coulé. La charge en travail pour le personnel soignant, les risques d'hypoglycémie sévère et les erreurs d'application des protocoles ont tempéré maintes ardeurs normoglycémiantes ayatollesques et sont à l'origine de recherches visant à automatiser le contrôle glycémique en réanimation.

Soit le système de contrôle glycémique est dit en boucle fermée (mimant le fonctionnement du pancréas tel que chez le patient diabétique ambulatoire) et nécessite un monitorage quasi continu fiable de la glycémie par un capteur invasif, soit il s'agit d'un système avec « l'homme dans la boucle » favorisant l'interaction entre le système de contrôle et l'utilisateur et donc plus facile à introduire en pratique clinique.

Le contrôle glycémique strict (80-110 mg/dl) n'est plus de mise dans la plupart des services de réanimation, alors qu'il peut encore l'être dans des services de réanimation de haute volée sans risque d'augmenter les épisodes d'hypoglycémie nocifs pour les patients. Bien qu'il y ait consensus pour que toute hyperglycémie 150 mg/dl chez les patients de réanimation soit maîtrisée afin de réduire la morbidité et d'accroître la survie (2), il n'y en a guère en matière de fourchette glycémique idéale.

Une fois, deux fois

Il revenait donc à d'autres Flamands (3) de relever le gant, une fois, en comparant les performances de 2 protocoles d'infusion d'insuline (protocole Louvain versus protocole modifié de Yale) en mesurant la glycémie en continu chez 57 patients de réanimation médicale (âge 64 ± 12 ans, ratio homme-femme 30/27, non-diabétiques / diabétiques : 36/21, score APACHE-II 28 ± 7, score SOFA 10 ± 4). L'objectif principal était la mesure du pourcentage de temps passé en normoglycémie (80-110 mg/dl). Les objectifs...