Insuline orale : à quand le Graal ?

  • Halberg IB & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 21 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir 

L’insuline orale continue de stimuler la recherche. Novo Nordisk a notamment mis au point une insuline orale analogue de l’insuline basale à longue durée d’action sous forme de comprimés intégrant du caprate de sodium pour favoriser son absorption. Nommée I338, celle-ci serait moins dégradée au niveau gastro-intestinal que l’insuline humaine. Une étude de phase 2, menée sur une période de 8 semaines, vient de montrer que l’insuline orale I338, administrée chez des patients diabétiques de type 2 naïfs de tout traitement par insuline, améliorerait le contrôle glycémique de manière similaire à l’insuline glargine. Le développement de cette insuline orale a été cependant arrêté car les doses d’I338 à administrer étaient conséquentes et la production des quantités nécessaires pour répondre à la demande du marché non commercialement envisageable. La recherche sur le sujet continue pour améliorer la technologie qui pourra peut-être un jour rendre disponible l’insuline sous forme orale.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il y a presque un siècle (1921) que l’insuline a été découverte par trois chercheurs canadiens Banting, Best et MacLeod. Et depuis de nombreuses équipes ont tenté de fabriquer une insuline par voie orale, véritable Graal en termes de confort pour le patient et de distribution à travers le monde. Si l’objectif n’est pas encore atteint, notons que cette étude est la première du genre à montrer chez le diabétique de type 2, que l’insuline orale améliore le contrôle glycémique de manière similaire et avec une tolérance comparable à une insuline basale administrée en sous cutanée.

Méthodologie

Les patients ont été randomisés (1:1) pour recevoir soit l’I338 et un placebo en SC (groupe I338), soit une insuline glargine en SC et un placebo par voie orale (groupe IGlar). L’insuline était titrée de manière hebdomadaire dans le but d’atteindre un taux de glucose plasmatique à jeun (automesure) entre 4,4 et 7,0 mmol/L. La dose quotidienne initiale recommandée était de 2.700 nmol pour l’I338 ou 10 U IGlar et la dose maximale permise au cours de l’étude de 16.200 nmol pour l’I338 et de 60 U IGLar.

Principaux résultats

Entre Juin 2015 et Octobre 2015, 50 patients ont été randomisés (25 dans le groupe I338 et 25 dans le groupe IGlar). Après 8 semaines de traitement par l'insuline I338 administrée une fois par jour, les analyses montrent une diminution du taux moyen de glucose plasmatique à jeun de manière similaire à celle obtenue sous insuline glargine : diminution de -2,4 mmol/L sous I338 et -2,6 mmol/L sous IGlar (p=0,077). L’Hb1Ac, la fructosamine et la concentration en peptide C ont également diminué en 8 semaines mais sans différence significative.

L’I338 et l’IGlar étaient bien tolérées par les patients. Des évènements indésirables ont été rapportés chez 15 patients (60%) dans le groupe I338 et chez 17 patients (68%) dans le groupe IGlar. L’événement indésirable le plus fréquent dans les deux groupes était la diarrhée (12% dans chaque groupe), les rhinopharyngites (20% sous I338 et 8% sous IGlar). La plupart des évènements indésirables étaient modérés et aucun événement indésirable sérieux n’a été rapporté.

L’incidence des hypoglycémies était faible dans les deux groupes (7 événements sous I338 et 11 sous IGlar), sans mention d’épisode sévère.

Financements

Étude financée par Novo Nordisk.