Insuffisance surrénalienne associée à la prise d’inhibiteurs de check point immunitaires

  • Oncologist

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

  • La plus large étude clinique décrivant les caractéristiques liées à l’insuffisance surrénaliennes primaire (ISP) en lien avec la prise d’inhibiteurs des check point immunitaires (ICI) vient d’être réalisée par une équipe franco-américaine.
  • La morbidité associée serait de 90% et plus, et la mortalité de 7,3% sans différence significative entre un traitement par ICI en monothérapie ou en association.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Les ICI constituent une véritable avancée dans le traitement du cancer, cependant cette classe thérapeutique n’est pas dépourvue d’effets indésirables. Les troubles endocriniens sont parmi les plus fréquents. Certains sont mieux documentés que d’autres. L’ISP est un événement indésirable rare mais potentiellement fatal. Peu de données existent sur celui-ci. Or, la surveillance étroite de cet événement indésirable est essentiel pour permettre le cas échéant une prise en charge thérapeutique en urgence.

Méthodologie

Les cas d’ISP suspectés comme étant des événements indésirables notifiés dans la base de données de pharmacovigilance VigiBase de l’OMS ont été identifiés et leurs caractéristiques ont été analysées.

Principaux résultats

Entre septembre 2008 et octobre 2018, 50.108 évènements indésirables en lien avec un traitement par ICI ont été déclarés à la cellule de pharmacovigilance de l’OMS. Parmi eux, 451 cas d’ISP ont été identifiés, 45 d’entre eux ont été décrits comme des cas certains et 406 comme des cas possibles d’ISP. Plus de 60% des cas ont été rapportés à partir de 2017, avec une tendance à la hausse : 12,25 cas par mois en 2017 et 14,1 cas par mois en 2018.

  • Les cas d’ISP sous traitement par ICI étaient majoritairement des hommes (58,1%), ayant un âge médian de 66 ans, traités par ICI pour mélanome dans 41,2% des cas et cancer du poumon pour 28,6%. Alors qu’habituellement les maladies auto-immunes sont plus fréquemment retrouvées chez les femmes, ici, la proportions d’hommes est plus importante. Les auteurs expliquent cette surreprésentation masculine par la forte utilisation des ICI pour les cancers du poumon et du rein à prédominance masculine.
  • La majorité des patients étaient traités par ICI en monothérapie (58,5% étaient sous anti-PD1 ou anti-PDL1 et 23,6% sous anti-CTLA-4). Seulement 18% des sujets ayant déclaré une ISP sous ICI étaient traités par une association. Dans 88,2% des cas d’ISP, le traitement par ICI était le seul traitement suspecté.
  • Le délai médian avant survenue de cet événement indésirable était de 120 jours.
  • La survenue d’une complication sévère engageant le pronostic vital, une hospitalisation prolongée ou un handicap physique étaient observés chez plus de 90% des cas déclarés et le décès dans 7,3% des cas.
  • La mortalité de différait pas significativement en fonction de la prise du traitement en monothérapie plutôt qu’en association, ou de la prise de PD-1, PD-L1 ou de CRLA-4. 
  • Aucune différence clinique ou démographique pertinente n’a pu être mise en évidence entre les cas d’ISP possibles et certains.

Limites

Certaines caractéristiques démographiques et cliniques n’ont pas été rapportées.