Insuffisance cardiaque : une place pour les inhibiteurs du SGLT2 ?

  • McMurray JJV & al.
  • N Engl J Med
  • 19 sept. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon un essai de phase 3 de grande envergure mené chez des insuffisants cardiaques avec réduction de la fraction d’éjection ventriculaire gauche, l’ajout de dapagliflozine au traitement recommandé permet de réduire le risque d’aggravation de l’insuffisance cardiaque (IC) et les décès d’origine cardiovasculaire.
  • Le bénéfice s’observe aussi bien chez les sujets diabétiques que non diabétiques, mais avec un effet plus marqué en cas d’IC légère (classe NYHA II) que plus sévère (classe III ou IV).

 

De larges essais contrôlés randomisés ont montré que les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (iSGLT2) pouvaient prévenir le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez des sujets diabétiques. Plusieurs hypothèses ont été émises, qui pourraient expliquer leur effet cardioprotecteur en plus de leur action diurétique : action sur le métabolisme du muscle cardiaque, les transporteurs d’ions, la fibrose, la fonction vasculaire, etc. Ajoutés à une préservation de la fonction rénale, ces différents effets pourraient également bénéficier à des patients insuffisants cardiaques et non diabétiques. C’est pour valider cette hypothèse qu’a été mené l’essai de phase III DAPA-HF (Dapagliflozine and Prevention of Adverse Outcomes in Heart Failure). 

Évaluer l’efficacité et la sécurité de la dapagliflozine chez les insuffisants cardiaques

Réalisé à partir de plus de 400 centres et dans 20 pays, l’essai avait pour objectif d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la dapagliflozine versus placebo. Ainsi, 4.744 patients souffrant d’insuffisance cardiaque de classe II, III, ou IV, selon la classification fonctionnelle NYHA, avec une fraction d’éjection de 40% ou moins, ont été randomisés pour recevoir de la dapagliflozine (10 mg 1x/j) ou un placebo, en plus du traitement recommandé. Ils ont ensuite été suivis sur une période médiane de 18,2 mois durant laquelle les aggravations de l’IC, mesurées par les hospitalisations ou les recours aux urgences ayant nécessité un traitement intraveineux de l’IC, et les décès d’origine cardiovasculaire, ont été enregistrés (critère composite principal).

Une réduction du poids de l’insuffisance cardiaque sous dapagliflozine

Le critère composite principal a été notifié chez 16,3% des patients du groupe dapagliflozine et 21,2% des patients du groupe placebo durant la période de suivi, indiquant une réduction significative du risque cardiovasculaire dans le groupe dapagliflozine (HR 0,74 [0,65-0,85], p