Insuffisance cardiaque post-IDM : influence pronostique de la pression pulsée et de la fréquence cardiaque

  • Dobre D & al.
  • Int J Cardiol
  • 15 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’analyse d’une cohorte de plus de 22.000 patients en IDM aigu à haut risque confirme qu’une fréquence cardiaque (FC) élevée ainsi qu’une pression pulsée (PP) faible constituent deux facteurs pronostiques péjoratifs de mortalité globale ou d’origine cardiovasculaire. Elle montre également l’interaction existant entre ces deux paramètres. Ces résultats suggèrent que la prise en charge individualisée des patients insuffisants cardiaques ou présentant une dysfonction ventriculaire gauche (VG) post-IDM soit individualisée.

  • Le commentaire accompagnant cet article pose cependant deux limites : la première est que l’analyse de l’interaction entre FC, PP et fonction VG n’a pas été explorée ici et, la seconde, que cette étude suppose une relation linéaire entre les deux paramètres étudiés et le risque cardiovasculaire alors qu’une étude récente suggère que la valeur pronostique de PP en matière de mortalité à 1 an suit une courbe en U chez des sujets insuffisants cardiaques à la sortie d’une hospitalisation.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les valeurs élevées de PP et de FC augmentent le risque de mortalité en population, tandis que, chez l’insuffisant cardiaque, une valeur faible de PP, reflétant essentiellement la diminution du volume d’éjection systolique, est aussi associée à un risque pronostique. En conséquence, il est intéressant de mieux cerner l’influence de la PP et de la FC chez les sujets à haut risque après un IDM. Or, les données de la littérature à ce sujet ne permettent pas de conclure avec certitude.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir de la base de données The High-Risk Myocardial Infarction Database Initiative qui poolait les données de trois essais randomisés : VALIANT (valsartan vs captopril ou leur combinaison dans les IDM associés à l’IC, trouble ventriculaire gauche ou les deux), OPTIMAAL (losartan vs captopril dans les IDM associés à une IC) et EPHESUS (éplérénone associé au traitement habituel dans les IDM aigus associés à une IC ou un trouble ventriculaire gauche).

Principaux résultats

  • La cohorte constituée à partir de la base de données regroupait 22.398 patients, d’âge moyen 65 ans (70% d’hommes), présentant un stade Killip III-IV, une PP médiane de 50 mmHg et une FC médiane de 74 bpm. Parmi eux, 54% étaient hypertendus et 42% étaient angineux. Par ailleurs, 95% étaient sous IEC et/ou ARAII et 68% sous bêta-bloquants.

  • Au cours du suivi médian de 24 mois, 16% des patients sont décédés dont 14% d’une cause cardiovasculaire.

  • Selon l’analyse multivariée, il existerait une interaction significative entre FC et PP sur le critère de mortalité toutes causes ou de mortalité cardiovasculaire.

  • À partir de l’analyse univariée, quatre catégories de patients ont été distinguées : FC

  • Selon l'analyse multivariée des données de survie, le groupe de patients HR≥75bpm et PP

  • L'analyse limitée au sous-groupe de patients pour lesquels la FEVG était disponibles conforte l’idée que le risque le plus élevé est celui rencontré par le groupe de patients HR≥75bpm et PP