Insuffisance cardiaque : l’amélioration de la qualité de vie rapportée par les patients doit être au centre de la prise en charge

  • Chandra A & al.
  • JACC Heart Fail
  • 1 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La qualité de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICFEP) a été peu étudiée sur la base d’outils validés récents. Aussi, la récente publication d’une étude compilant les données de l’étude PARAGON-HF est importante : elle montre en effet que, indépendamment de la sévérité de l’insuffisance cardiaque, le fait d’être une femme, de présenter un IMC élevé, un angor, la dyspnée et la dyspnée paroxystique nocturne sont des facteurs de risque associés à une mauvaise qualité de vie. Elle montre également une disparité selon les régions du globe. Enfin, elle décrit que les paramètres influençant la qualité de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite (ICFER) issus de l’étude PARADIGM-HF sont globalement les mêmes, mais que leur qualité de vie est statistiquement supérieure à celle des sujets ICFEP.

Méthodologie

Ce travail a permis de comparer les données à l’inclusion de 4.735 sujets en ICFEP et 6.887 sujets en ICFER (≤40%). Les premiers étaient issus de l’étude clinique randomisée PARAGON-HF qui avait comparé le valsartan seul ou associé au sacubitril. Les seconds étaient issus de l’étude PARADIGM-HF qui avait, elle, comparé l’association sacubitril- valsartan à l’énalapril.

À l’inclusion, des questionnaires de qualité de vie relative à la santé (KCCQ, Kansas City Cardiomyopathy Questionnaire ) ont été remplis par les participants : il comporte 23 items relatifs à 8 domaines et 2 scores synthétiques KCCQ-CS et KCCQ-OS respectivement relatifs aux domaines cliniques (fréquence, stabilité, poids des symptômes…) et globaux (limitations et activité sociale...) du questionnaire. Chaque score est coté de 0 à 100, croissant avec le niveau de qualité de vie.

Principaux résultats

Le score KCCQ-OS était de 71,4 à l’inclusion. La sévérité de l’insuffisance cardiaque (classification NYHA) était un facteur associé à une mauvaise qualité de vie. Indépendamment de ce paramètre, plusieurs éléments péjoraient la qualité de vie liée à la santé :

- le sexe féminin, comme dans d’autres pathologies chroniques. Cela pourrait être expliqué par une plus forte prévalence de la dépression dans la population féminine ou du moindre soutien social dont elles bénéficient.

- le pays d’appartenance : les sujets d’Europe de l’Ouest apparaissent aussi comme ceux déclarant la plus mauvaise qualité de vie, suggérant l’influence de critères culturels, socioéconomiques ou de prise en charge (santé, social).

- parmi les symptômes, les œdèmes des membres inférieurs étaient les plus fortement associés à un mauvais score de qualité de vie. Parallèlement, l’angor, la présence de râles ou d’un troisième bruit cardiaque, la dyspnée et la dyspnée paroxystique nocturne étaient des éléments significatifs.

Le score à l’inclusion des sujets en ICFEP était en moyenne moins élevé que celui des sujets en ICFER dans quasiment tous les domaines évalués. Ceci pourrait cependant être expliqué par une variation des profils sociodémographiques, du statut fonctionnel et des symptômes entre les deux populations.