Insuffisance cardiaque : il faudrait tenir compte de la différence de sexe…

  • Santema BT & al.
  • Lancet
  • 22 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude post-hoc basée sur une cohorte de sujets souffrant d’insuffisance cardiaque (IC) avec fraction d’éjection (FEr)

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il s’agit de la première étude montrant que le bénéfice des doses optimales d’ARA2, d’IEC ou de béta-bloquants dans le traitement de l’IC avec FRr serait différents en fonction du sexe. Les recommandations préconisent les mêmes doses pour les hommes ou les femmes dans ce contexte clinique. Pourtant, il est admis qu’il existe des différences pharmacocinétiques avec ces médicaments en fonction du sexe. Cette étude remet également sur la table le débat de la sous-représentation des femmes dans les études cliniques et du faible nombre d’analyses réalisées en fonction du sexe.

Méthodologie

Il s’agit d’analyses post-hoc menées de manière prospective sur la cohorte européenne BIOSTAT-CHF ayant inclus 1.308 hommes et 402 femmes souffrant d’insuffisance cardiaque traités par IEC, ARA2 ou béta-bloquants. Seuls les sujets ayant une fraction d’éjection ventriculaire

Principaux résultats

À l’inclusion dans la cohorte BIOSTAT-CHF, les femmes étaient significativement plus âgées que les hommes (74 vs 70 ans) et bien que les IMC moyens ne différaient pas entre ces deux populations, les femmes avaient un poids et une taille significativement plus faibles que les hommes (72 vs 85 kg et 162 vs 174 cm).

Au total, 25% des hommes et 23% des femmes (différence NS) avaient atteint les doses cibles recommandées en IEC ou ARA2, et 14% et 13% (différence NS) pour les doses de béta-bloquants. Rappelons qu’une titration de ces molécules est préconisée par les recommandations jusqu’à la dose maximale. 

Si le plus faible niveau de risque de décès ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque était retrouvé chez les hommes ayant atteints 100% des doses recommandées pour les 3 classes de médicaments, en revanche, chez les femmes, un risque diminué de 30% était identifié à 50% de la dose recommandée et ce risque ne diminuait pas avec des doses plus élevées.  Ces résultats étaient confirmés même après ajustement sur l’âge et la surface corporelle.

La validation dans la cohorte indépendante ASIAN-HF dont les sujets étaient d’origine ethnique différente par rapport à la première cohorte. Les sujets inclus étaient également plus jeunes, avaient un poids, une taille et un IMC plus faibles que ceux de la cohorte européenne BIOSTAT-CHF. Les résultats mis en évidence étaient cependant similaires entre les deux cohortes.

Principales limitations

Il s’agit d’analyses post-hoc. Ces résultats nécessiteront donc d’être confirmés par d’autres études.