Insuffisance cardiaque aiguë liée à une infection : la procalcitonine ne convainc pas

  • Möckel M & al.
  • Eur J Heart Fail
  • 12 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Plusieurs études ont précédemment suggéré que la procalcitonine (PCT) serait un marqueur pertinent d’infection bactérienne, et d’autres (rétrospectives) que son dosage pourrait asseoir la suspicion d’infection et donc l’initiation d’une antibiothérapie, notamment dans l'insuffisance cardiaque aiguë (ICA) associée à une dyspnée. L'étude IMPACT-BIC-18 visait à établir la pertinence de ce dosage dans le cadre d’une étude prospective. L'étude a cependant été interrompue prématurément pour futilité, en l’absence de différence significative de la mortalité à 90 jours (critère d'évaluation principal) ou de la mortalité à 30 jours (critère d'évaluation secondaire) entre le bras des patients dont le traitement était guidé par la PCT et ceux dont la prise en charge était conventionnelle (antibiothérapie initiée sur la base d’une décision clinique habituelle).

L’échec de l’approche fondée sur la PCT pourrait être associée à deux raisons : la première correspond au faible risque de décès global observé dans cette étude, équivalent à la moitié des taux rapportés dans les études précédentes, et la seconde du fait de la faible fréquence des infections bactériennes associées. De nouvelles études seraient utiles à conduire car les auteurs n’écartent pas la pertinence de la PCT au vu de la littérature.

Arrêt pour futilité à 75% du recrutement visé

L’essai contrôlé randomisé multicentrique prospectif a inclus en ouvert des patients adultes reçus en service d'urgences et ayant une dyspnée, une ICA suspectée ou établie (selon les antécédents, la clinique et un taux de NT-proBNP>1.800 ng/L). Ils étaient répartis entre un groupe pour lequel le traitement antibiotique était guidé par le taux de PCT (PCT dans les 12 heures suivant l’admission >0,2 μg/L) et un groupe contrôle dans lequel l’antibiothérapie était établie selon les pratiques habituelles. Au total, respectivement 370 et 372 patients ont été inclus dans l’analyse intermédiaire menée à partir des données de 75% de l’effectif cible, analyse qui a conduit à un arrêt de l’étude pour futilité.

Une faible mortalité et un faible taux d’infection inattendus

Les patients recrutés étaient âgés de 77 ans (38% de femmes) et présentaient un profil clinique comparable dans les deux groupes (IMC, taux de PCT et de NT-proBNP à l’inclusion, fonction rénale, hypertension, diabète…).

Aucune différence significative n’a été observée sur le paramètre de mortalité globale à 90 jours : 10,3% vs 8,2% (p=0,31). La mortalité globale à 30 jours était aussi équivalente dans les deux groupes (6,8 vs 4,3%, p=0,152), tandis que le taux de réadmission hospitalière à 30 jours était inférieur dans le groupe contrôle (9,7 vs 17,3%, p=0,913).

La valeur moyenne de la PCT était faible (0,07 ng/mL sur l’ensemble du groupe, 16,4% des patients seulement ayant eu un taux supérieur à 0,2 ng/mL.