Insomnie chronique : les approches non médicamenteuses doivent être davantage encouragées

  • Driot D & al.
  • Therapie
  • 1 oct. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Une étude observationnelle menée auprès des médecins généralistes et des pharmaciens d’officine de la région Midi-Pyrénées montre que parmi les patients et clients se plaignant d’insomnie, très peu sont orientés vers des approches non médicamenteuses (thérapies cognitives et comportementales notamment).
  • Ces résultats relèvent la difficulté des médecins généralistes à adresser leurs patients à un psychologue en première intention pour se conformer aux recommandations internationales actuelles.
  • Les auteurs appellent à un remboursement des séances de psychothérapie dans cette indication et à une meilleure formation des médecins aux approches non médicamenteuses.

 

Alors que les psychothérapies sont recommandées en première ligne dans la prise en charge de l’insomnie chronique, les benzodiazépines et molécules apparentées restent largement prescrites, malgré l’absence de bénéfice à long terme et le risque d’effets indésirables qui leur est associé. Des traitements alternatifs sont également prescrits, mais les données concernant leur efficacité et leur sécurité (anti-histaminiques, phytothérapie, aromathérapie, homéopathie) sont minces. Les résultats restent modestes pour la mélatonine et les bénéfices sont non-démontrés pour les antidépresseurs. Seule les approches non médicamenteuses, et en particulier les thérapies cognitives et comportementales (TCC), ont démontré leur efficacité dans l’insomnie chronique et sont préconisées en première intention dans les recommandations internationales. 

Quelle place pour les approches non médicamenteuses dans la vraie vie ?

Des chercheurs toulousains ont interrogé les pratiques françaises « en vraie vie » en mesurant la proportion de patients insomniaques adressés à un psychologue ou qui avaient recours à d’autres médicaments non-benzodiazépines en région Midi-Pyrénées. Pour cela, une étude transversale a été réalisée en 2015 auprès de médecins généralistes et de pharmaciens d’officine. Ils ont été invités à remplir un questionnaire anonyme sur leur prise en charge pour chacun de leur patient/client se plaignant d’insomnie. Au total, 55 médecins généralistes représentant 263 patients et 43 officinaux représentant 354 clients ont été inclus dans l’étude, avec une majorité de femmes dans les deux cas.

Moins de 15% des patients insomniaques bénéficient d’approches non médicamenteuses

D’après les informations rapportées dans les questionnaires, 87,1% des patients se sont vus prescrire au moins un médicament contre l’insomnie, des benzodiazépines pour 65,8% d’entre eux. Les autres molécules les plus souvent prescrites étaient des antihistaminiques (9,6%, hydroxizine le plus souvent), des antidépresseurs (6,3%), de l’homéopathie (4,0%) ou de la phytothérapie (3,8%). Côté officine, la plupart des clients souffraient d’insomnie chronique (76,8% contre 32,7% des patients). Les médicaments les plus souvent conseillés aux clients insomniaques étaient les anti-histaminiques (39,4%, doxylamine le plus souvent), de la phytothérapie (32,2%) et de la mélatonine (21,0%). Plus de la moitié de ces personnes avaient déjà consulté leur médecin généraliste pour une insomnie (55,9%). Par comparaison, les thérapies non médicamenteuses ont été prescrites ou conseillées à seulement 14,4% des patients et 0,5% des clients d’officine, des thérapies cognitives et comportementales pour la plupart, et des conseils d’hygiène du sommeil prodigués à 36,9% des patients et 58,2% des clients d’officine.