Inhibiteurs de l’intégrase : des données positives sur le VIH-1 de groupe O


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Un taux de succès virologique satisfaisant peut être obtenu chez les patients infectés par le VIH-1 de groupe O (VIH-1/O) traités par un schéma antirétroviral comportant un inhibiteur de l’intégrase.
  • Des mutations de résistance ont été identifiées au cours du suivi de ces patients, qui étaient dans leur majorité identiques à celles mises en évidence chez le VIH-1 de groupe M, majoritaire en France.

 

La diversité génétique du virus VIH-1/O le rend naturellement résistant aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse et semble également le rendre peu sensible à la majorité des inhibiteurs de protéase. Les données concernant les inhibiteurs de l’intégrase sont, elles, peu nombreuses. Le réseau RES-O a identifié, depuis son identification en 1992, 145 cas d’infections VIH-1/O, groupe endémique au Cameroun, sur le territoire français. Il publie dans AIDS les données relatives à 39 des patients qu’il suit actuellement.

Ainsi, dans cette étude, la majeure partie des patients (47 ans en moyenne), qui étaient originaires ou avait un lien avec le Cameroun (partenaire, voyage), avaient déjà été prétraités. Parmi ceux qui étaient sous suppression virologique avant l’initiation du traitement par inhibiteur de l’intégrase (n=21, 54%), 19 étaient en succès virologique lors du premier contrôle de suivi (durée médiane 8 mois). Parmi ceux qui étaient en échec virologique à l’initiation du traitement par inhibiteur de l’intégrase (n=15, 38%), 13 présentaient une charge virale indétectable lors du contrôle (durée médiane 12 mois). Ce contrôle était majoritairement conservé lors de la visite la plus récente par rapport à la conduite de la présente analyse : le succès virologique concernait 33 des 37 patients encore sous inhibiteurs de l’intégrase. Cependant, 6 patients étaient en échec virologique, pour lesquels 4 présentaient des mutations de résistance relatives au VIH-1 de groupe M.

Ce résultat est satisfaisant, même si le faible nombre de patients et la diversité des modalités de suivi n’a pas permis de comparer l’efficacité des trois différents inhibiteurs de l’intégrase, tout en sachant que le raltégravir était le plus largement prescrit dans cette cohorte. Cette étude apporte néanmoins des données utiles pour la prise en charge des sujets infectés par le VIH-1 de groupe O. Etant donné les mutations de résistance identifiées, les auteurs suggèrent que les algorithmes utilisés chez ces patients puissent être fondés sur ceux utilisés pour traiter le groupe M, même si cela n’exclut pas de conduire des études spécifiques concernant le groupe O.